© LCIDeux coup de boutoir contre le lundi de Pentecôte travaillé ce jeudi : le premier est venu de l'Insee, l'institut estimant que non seulement 50% des salariés seulement ont travaillé ce jour-là et que cela n'aura qu'un impact très restreint sur la création de richesses en France. Par ailleurs, le président de la mission créée par Raffarin à la suite du 16 mai pour évaluer les effets de cette journée estime dans le Parisien que le "temps donné doit être choisi".
En principe, le lundi de Pentecôte était donc travaillé cette année. Mais beaucoup ont préféré rester chez eux. Selon l'Insee, la capacité de production des entreprises ce fameux lundi a été moitié moindre par rapport à un jour ordinaire. Afin d'évaluer l'activité du 16 mai, l'Insee a retenu deux critères : la consommation d'électricité et l'interrogation d'un panel représentatif d'entreprises. Sur la base de la consommation d'électricité, l'activité supplémentaire observée par rapport à celle d'un lundi férié a été de 55%, a calculé l'Insee.
"Impact proche de zéro"
En terme d'impact sur la croissance du produit intérieur brut, le traitement de cette journée ouvrée supplémentaire devrait se traduire par un effet "légèrement négatif, très proche de zéro" sur la croissance du deuxième trimestre, puisqu'il n'a été que partiellement travaillé. "Très proche de zéro", ça ne signifie pas zéro et, sur de telles sommes, cela représente déjà beaucoup d'argent, rétorqueront les défenseurs du lundi de Pentecôte ouvré.
"L'Insee dit que le pourcentage d'augmentation du produit intérieur brut est voisin de zéro, ils ont raison, mais quand le PIB d'une nation comme la nôtre c'est 1.600 milliards d'euros (..) en une demi-journée comme a été travaillé le lundi de Pentecôte, on produit 2 à 3 milliards", a déclaré Jean Leonetti à la presse dans les couloirs de l'Assemblée.
Le député UMP, président de la mission d'évaluation estime dans une interview au Parisien que "ce n'était pas, contrairement à ce que l'on a dit, une journée de pagaille". En revanche, il préconise de conserver l'idée d'une journée de solidarité mais choisie "avec souplesse" par les entreprises et les administrations. Les commerçants de Nîmes, où se déroulent chaque année à la Pentecôte une feria, peuvent a priori se réjouir.
| Croissance : l'Insee encore plus pessimiste |
L'Insee table sur une croissance de 1,5% en 2005 et juge envisageable un taux aux alentours de 2% en 2006. La prévision de l'Insee est nettement inférieure à celle du gouvernement, pourtant révisée à la baisse mardi à environ 2%. Selon l'Insee, ce ralentissement s'explique par le fait que "deux aléas principaux se sont simultanément concrétisés": les cours du pétrole ont continué de grimper, tandis que la demande en provenance des partenaires européens de la France s'est "enlisée". La zone euro, tirée vers le bas par l'Italie et l'Allemagne, ne devrait connaître qu'une croissance de 1,3% cette année. |
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