Nouveau CDI : refus en bloc des syndicats

Par D'après AFP, le 17 juin 2005 à 15h56 , mis à jour le 17 juin 2005 à 20h59

Les syndicats ont demandé vendredi à Jean-Louis Borloo d'abandonner l'idée de créer un nouveau CDI assorti d'une période d'essai de deux ans. Le patronat estime lui que ce contrat nouvelle embauche est susceptible de créer des emplois.

borloo larcher

Jean-Louis Borloo, le ministre de la Cohésion sociale et son ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, ont poursuivi vendredi le cycle de consultations des partenaires sociaux sur le plan pour l'emploi. Les syndicats ont réaffirmé leur opposition à la mesure la plus polémique: la création d'un contrat nouvelle embauche. Ce contrat de travail destiné aux très petites entreprises serait un contrat à durée indéterminée avec une période d'essai de deux ans. En contrepartie, le salarié bénéficierait d'un accompagnement et d'une indemnisation du chômage renforcés en cas de licenciement.

Après le tollé immédiatement déclenché par ce dispositif, le ministre Borloo a tenté de rassurer les syndicats, laissant entendre que des marges d'évolution existaient. "L'idée du Premier ministre c'est de lever l'appréhension du petit employeur", pour "qu'il y ait des capacités, si l'activité ne le permet pas, de rupture allégée", mais "il faut qu'on en fasse un contrat bien mieux qu'un CDD" pour le salarié, a-t-il déclaré. Le président de la CFTC, Jacques Voisin, qui concluait les entretiens, estime d'ailleurs que le ministre "semble d'accord" pour revenir à une période d'essai du "contrat nouvelle embauche" d'une "durée conventionnelle légale". Mais le ministère a cependant tenu qu'il s'agissait d'une "interprétation" de la CFTC et que Jean-Louis Borloo n'avait "pas fait une telle déclaration".

"Pire qu'un CDD"

"Apparemment, le gouvernement est prêt à bouger sur des questions de préavis, d'indemnités, d'assurance-chômage : c'est toujours ça, mais le problème de fond demeure", a indiqué de son côté Jean-Claude Mailly (FO). "Ce contrat nouvelle embauche sera plus fragile qu'un CDI et pire qu'un CDD", a-t-il expliqué, jugeant "la notion même de période d'essai" de deux ans "pas acceptable".

"Pendant deux ans, le salarié sera à la totale disposition de l'employeur, qui pourra le licencier du jour au lendemain, sans avoir à justifier du motif de ce licenciement, sans avoir à lui verser d'indemnités, et sans aucun recours possible : c'est totalement inadmissible", a déclaré pour sa part Maryse Dumas, qui menait la délégation de la CGT.  Même son de cloche du côté de la CFE-CGC : son secrétaire général Jean-Louis Walter a indiqué qu'"il faut enlever complètement la notion de période d'essai de deux ans". Les syndicats craignent en effet que le système généralise la précarité.

Extension du système

"La vraie précarité, c'est le chômage", ont réagi les représentants patronaux, qui ont assuré le ministre que ce nouveau contrat allait créer de l'emploi, sans s'avancer sur des objectifs chiffrés. Le président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, a estimé qu'"il vaut mieux avoir un contrat nouvelle embauche de deux ans plutôt que d'être demandeur d'emploi".

Selon Pierre Perrin (UPA), il pourrait en effet permettre "un déclic" pour "lever les appréhensions" des artisans face à l'embauche de nouveaux salariés. Mais "il faut que ce contrat soit profitable autant au salarié qu'à l'entreprise" et que "les indemnisations pour le salarié soient plus importantes que celles prévues à la fin d'un CDD", a prévenu le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, favorable à terme à une généralisation aux entreprises de plus de 10 salariés.

Par D'après AFP le 17 juin 2005 à 15:56
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