Les Quinquas appelés à se montrer dimanche

Par , le 07 juin 2005 à 07h00 , mis à jour le 09 juin 2005 à 15h16

Le collectif "Quinquas solidaires" appelle au rassemblement dimanche après-midi en faveur de l'emploi des personnes de plus de 50 ans. Selon Jean-Marc Coursin, à l'initiative de l'événement, l'objectif est de faire exister le problème sur la place publique car les quinquas au chômage ont honte de leur situation.

travail emploi cadres quinquagénaires © INTERNE

tf1.fr : Quel est le but de la journée du 12 juin ? 

J.M Coursin : L'objectif du rassemblement prévu dimanche après-midi au Trocadéro à Paris et devant les conseils régionaux de chaque région est de faire exister le problème des quinquas. La plupart du temps, ils n'existent pas dans les statistiques et quand ils sont au chômage, ils se cachent, par pudeur ou par dignité. Il faut une prise de conscience nationale du problème - le taux d'activité des 55-64 ans est de 37% en France quand il est de 70% en Suède- et elle n'aura lieu que si les gens viennent nombreux dimanche. Nous n'avons pas de message politique ou syndical, nous disons juste aux quinquas "montrez-vous" pour que les gens sachent que le problème de l'emploi de cette génération existe.

tf1.fr : Comment est née l'initiative des Quinquas citoyens ?

J.M Coursin : Il y a quelques temps, j'ai créé un blog où je parlais du problème pour les plus de 50 ans de conserver leur emploi ou d'en retrouver un nouveau après un licenciement. Ancien vice-président Europe d'une multinationale, je connais bien le problème moi-même. Licencié en 93, depuis j'enchaîne les périodes de chômage et de petits boulots. Mon blog a connu un succès immédiat, les quinquas viennent y discuter et partager leur expérience. De là, j'ai eu l'idée d'organiser un grand rassemblement et de créer un collectif : les "Quinquas citoyens".

tf1.fr : La suppression de la contribution Delalande annoncée par le Premier ministre va-t-elle, selon vous, contribuer à relancer l'emploi des seniors ?

J.M Coursin : Ca ne vas pas régler la question de l'emploi, cela va juste éradiquer une fausse croyance. On a souvent dit, à tord, que cette règle empêchait les entreprises d'embaucher des salariés de plus de 50 ans car elles ne pouvaient plus les licencier par la suite. C'était faux, les entreprises qui recrutaient des quinquas étaient exonérées de pénalités lorsqu'elles licenciaient par la suite des salariés de plus de 50 ans. Ce qu'il faudrait réellement, c'est de la pédagogie économique. Aujourd'hui en France, on pense que les quinquas ne connaissent rien aux nouvelles technologies et qu'ils sont usés. C'est faux et il faut le dire.

En savoir plus sur la manifestation : le site des Quinquas citoyens

Par Sophie Lutrand le 07 juin 2005 à 07:00
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10 Commentaires

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  • Dan, le 12/06/2005 à 21h38

    A "citoyen", on licencie les quinquas parce qu'on considère qu'ils ne sont plus bon à grand chose et surtout qu'ils coûtent cher aux entreprises et ce d'ailleurs sous les yeux bienveillants et complaisants des plus jeunes...Alors vous savez...votre proposition...Reculer l'âge de la retraite....Arrêtons l'hippocrisie....

  • Stéphane, le 12/06/2005 à 12h34

    Même problème en Suisse: les quinquas ne sont pas engagés à cause des charges sociales rédhibitoires pour cette catégorie d'âge, et les jeunes en fin de formation ne sont pas engagés non plus parce que les entreprises veulent des gens expérimentés et efficaces immédiatement. C'est la porte ouverte à un appauvrissement de longue durée prévisible de l'ensemble du savoir-faire sur lequel repose notre pays si pauvre en ressources naturelles...

  • Xx, le 12/06/2005 à 12h08

    Toutes les societes essayent de se debarrasser des quinqua, trop cher, trop vieux, trop con, plus dans le coup, ils preferent prendre des jeunes qui n'en veut. C'est dur a dire, mais c'est dans la culutre des RH.

  • Gotics, le 12/06/2005 à 11h06

    Il aurait été judicieux de faire une manif des chomeurs par catégorie d'âge afin de bien montrer qu'en plus des Quinquas, les jeunes sont les plus touchés par le chômage. Enfin, il reste 90 jours avant qu'ils ne retrouvent l'espoir...

  • JPLéglise, le 12/06/2005 à 10h07

    Nos actionnaires ayant bien besoin (pour vivre!!!)des devidentes générés par nos sociétés non délocalisées à l'étranger preferent que leurs entreprises embauchent 2 juniors inexpérimentés ou a former pour le prix d'un sénior compétent immediatement opérationnel....

  • Brigitte, le 11/06/2005 à 12h43

    .../... Le privé m'a refusé un emploi. Trop chère. Je suis donc rentrée dans l'administration après 4 ans de chômage. On y trouve, bien sûr des hommes et des femmes formidables qui essaient de s'impliquer à fond (et Dieu sait s'il faut une sacrée dose de courage pour lutter au quotidien contre une hiérarchie imposante qui privilégie les intérêts personnels au détriment de l'efficacité), mais la grande majorité n'attend que le week-end, n'attend que la retraite. Ils viennent chaque matin travailler à contrec?ur parce qu'on ne leur a pas appris à aimer ce qu'ils font. Qui pourrait leur apprendre d'ailleurs, les quinquas ne sont plus là pour transmettre cette dynamique où quand ils sont là, ils se sentent menacés eux-mêmes dans leur devenir professionnel. Messieurs, nos Dirigeants politiques, ouvrez les yeux, abolissez toutes ces lois qui freinent l'initiative individuelle, encouragez la dynamique de ceux qui veulent faire évoluer notre pays, ce n'est pas vous, avec vos belles paroles, vos belles promesses souvent complètement déconnectées de la réalité qui ferez bouger les choses, ce sont, nous les quinquas, avec notre savoir, notre savoir-faire, notre savoir être, notre expérience du terrain, ce sont nous, qui saurons relancer la locomotive. Si vous aimez votre pays, autant que vous le dîtes, alors ayez le COURAGE de faire confiance à ceux qui détiennent l'expérience, le pouvoir de motiver, de dynamiser. Faites confiance à vos quinquas, au risque de voir surgir un jour une révolution terrible d'individus qui n'auront plus rien à perdre, même pas leur dignité.

  • Brigitte, le 11/06/2005 à 12h42

    On peut se demander si nos dirigeants de tous bords ont l'âge de raison et un minimum de psychologie. Plus on oeuvre pour une cause, plus on s'y attache. Chacun a pu le constater : plus il y a de travail, plus on est performant, moins on en a, moins on a envie d'en faire. C?est humain. Dans ce sens, La semaine de 35h est une aberration, on vous oblige à moins travailler, à vous "démobiliser" de ce qui devrait être une source de motivation, de satisfaction et de bonheur. Pour avoir une réponse au téléphone, vous devez rappeler plusieurs fois (vacances, RTT, maladie). Les absents ne sont pas remplacés et ceux qui travaillent déconnectent parce qu'ils ne peuvent plus faire face à un surcroît de travail à réaliser dans un minimum de temps. Tout est fait à la va-vite. Le stress est devenu le lot quotidien, la rentabilité et l?efficacité ont baissé, le moral des troupes, toutes catégories confondues est au plus bas. Les jeunes qui n'ont pas connu l'épanouissement que pouvaient représenter la satisfaction de se donner à fond dans un travail, se laissent vivre au jour le jour, n'ont plus de projets à long terme ou quand ils en ont, les embûches administratives sont tellement importantes qu?ils abandonnent. C'est devenu la normalité. Nous, les quinquas avons connu le bonheur d??uvrer pour notre entreprise, le bonheur de relever des défis, le bonheur d'apprendre, le bonheur de vivre tout simplement et d?être fiers de nos réalisations. Que reste t-il de tout cela ? De cette force qui vous pousse en avant parce que vous sentez qu'on a besoin de vous, que vous êtes utiles . Rien, plus rien. (à suivre)...

  • Citoyen, le 10/06/2005 à 18h37

    Une idee simple pour remettre les 'quinqas' au travail: repousser l'age de la retraite.

  • Quinqua, le 10/06/2005 à 14h07

    Ce samedi je ne suis pas libre et c'est bien dommage car j'aurai sans doute participer à cette manif. Agé de 51 ans, cela fait 3 ans que je galère, comme beaucoup, pour trouver un emploi. Et ce n'est pas faute de chercher. Dans son discours, Monsieur DE VILLEPIN n'a rien prévu pour tous les quinquas. Rien!! comme d'habitude. Nous sommes tous des laissés pour compte. On ne veut plus de nous alors que nous avons notre expérience à donner aux employeurs. Employeurs qui préfèrent embaucher des gens qui n' ont pas forcément la même conscience professionnelle, qui sont toujours absents souvent pour pas grand chose etc....... et tous, i y en a ras le bol.

  • Chris, le 10/06/2005 à 10h37

    Avec l'espérance de vie qui augmente et avec l'archaisme stagnant des mentalités en vigueur en France, il y a de quoi vraiment s'inquiéter... la aussi, il faut que ça change, et vite !

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