La RATP dans l'ère du service garanti

Par D'après AFP, le 17 juin 2005 à 08h58 , mis à jour le 17 juin 2005 à 18h00

Le Syndicat des transports d'Ile-de-France a instauré ce vendredi un système aux termes duquel, les jours de grève, la RATP s'engage à assurer 50% du trafic et la SNCF 33%. La décentralisation est aussi au coeur du débat.

metro metropolitiain métro enseigne (DjS) © INTERNE

Le "service garanti" en cas de grève dans les transports publics en Ile-de-France a été voté vendredi par le conseil d'administration du Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF), la gauche votant contre.

Ce "service garanti", contesté par des syndicats, mais dans lequel le ministre des Transports Dominique Perben a vu jeudi une "démarche vertueuse", prévoit que, les jours de grève, la RATP s'engage à assurer 50% du trafic et la SNCF 33%. Si ces engagements ne sont pas respectés, les deux entreprises publiques s'exposent à des pénalités pouvant atteindre 700.000 euros par jour pour la RATP et 300.000 euros pour la SNCF.  Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional d'Ile-de-France, a proposé qu'il soit testé pendant un an. vendredi que le "service garanti" dans les transports publics les jours de grève, voté le matin au Syndicat des Transports d'Ile-de-France, soit testé pendant un an.

Huchon "indigné"

Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France, a marqué son "indignation". "Le gouvernement, qui a reculé devant une loi sur le service minimum, cherche à faire porter le chapeau à la région et aux départements d'Ile-de-France", a-t-il lancé à la sortie du conseil d'administration. Entouré des élus de gauche membres, il a assuré n'avoir "jamais été associé à cette décision". Pressé par les journalistes de dire s'il l'abolirait une fois à la tête du STIF (dont l'Etat se retirera le 1er juillet), il a répondu : "nous reviendrons et discuterons avec les entreprises de transport. La clef, pour nous, est qu'il y ait discussion avec les syndicats".

Le service garanti n'était pas le seul sujet qui fâche abordé vendredi au STIF : on y parlait aussi décentralisation et compensations financières. Autorité organisatrice des transports publics et privés dans la première région de France (12 millions de voyages par jour), le STIF fixe les tarifs des tickets et cartes orange, et décide des grands investissements : nouveaux métros, lignes de bus... Il doit, aux termes de la loi du 13 août 2004, passer le 1er juillet sous le contrôle des collectivités locales.

L'Etat, qui y est aujourd'hui majoritaire et le préside via le préfet de région, s'en dégagera totalement, laissant place à un conseil d'administration renouvelé. Ce CA doit comprendre 15 représentants de la région Ile-de-France (dont son président), 5 de la ville de Paris, 1 des sept autres départements d'Ile-de-France, 1 de la Chambre régionale de commerce et d'industrie, et un représentant des présidents d'établissements publics de coopération intercommunale.

Transfert de fonds

Cette régionalisation visait à prolonger, dans la région capitale, celle des trains en province (TER) lancée en 2000 sous la gauche. Mais tout est plus compliqué en Ile-de-France, où roulent 60% des trains français et où opèrent deux grandes entreprises, la RATP et la SNCF.

Le transfert - souhaité à l'origine par la région IDF - fait désormais l'objet d'un bras de fer entre l'Etat, qui en sort, et les collectivités, qui ne veulent pas y entrer sans garanties financières importantes. Jean-Paul Huchon a fait son addition : 730 millions d'euros la première année, 400 les années suivantes.

(Photo David Straus)

Par D'après AFP le 17 juin 2005 à 08:58
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