
Des queues de cerises pour les producteurs ? A chaque été, sa crise des fruits et des légumes et cette année, les victimes semblent être les cerises… et ses producteurs. Ces derniers dénoncent les prix élevés pratiqués par la distribution qui ne permet pas aux consommateurs d’acheter les produits en stock. Car cette année, la récolte a été bonne. Contrairement à l’année dernière, « l’absence de gel au printemps a permis d’avoir des volumes importants », confirme Interfel, l’interprofession des fruits et légumes.
Une offre abondante devrait donc permettre de faire baisser les prix de vente. «C’est le cas», estiment les distributeurs via la FCD (Fédération du commerce et de la distribution) et Interfel. La troisième et la quatrième semaine de juin, « le prix du kilo de cerise a baissé de 24,5% et de 11% par rapport aux mêmes semaines de 2004 ». Le kilo de cerise se vendait 1,95 euro le week-end dernier chez Atac selon la FCD et entre 3 et 4 euros pour le calibre moyen.
Consommation atone
Volumes importants, prix assez bas… D’où vient alors la crise qui oblige une partie des producteurs à laisser pourrir une partie de leur récolte faute de pouvoir l’écouler ? Certains producteurs montrent du doigt la concurrence étrangère et notamment des cerises turques. « Lorsque la cerise turque arrive à 0,60€ le kilo à Rungis, comment voulez-vous que les producteurs français puissent placer leur marchandise avec un prix de revient de 1,50€ minimum », avait déploré Christophe Novara, le président des Jeunes agriculteurs du Gard dans les colonnes du Parisien lundi. Faux, rétorque Interfel, les cerises turques arriveront sur le marché français seulement en juillet et en très petites quantités. Toujours selon l’interprofession, les importations de cerises ne représentent que 4 à 5 % du marché français.
Production abondante, prix en baisse, concurrence peu agressive… le maillon faible ne serait autre que le consommateur. « Les premières semaines de juin ont été assez fraiches et la demande a été assez atone », concède Interfel. Malheureusement pour les producteurs français dont la plus grande partie de la saison se fait entre début juin et le 15 juillet. La FCD qui ne veut en aucun cas porter le chapeau de la crise du secteur reporte d’ailleurs la faute sur les producteurs eux-mêmes. « A force de dire que les distributeurs se sucrent et imposent des prix trop élevés, les Français ont en tête que les prix des fruits sont de toutes façons trop chers et passent leur chemin dans les rayons sans s’apercevoir qu’ils sont finalement assez bon marché », estime-t-on à la FCD. Distributeurs et producteurs se repassent la cerise chaude.
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