
Le PDG de la Samaritaine, Philippe de Beauvoir, a annoncé vendredi au personnel qu'après la fermeture conservatoire du magasin le 15 juin au soir, serait seulement "maintenu sur le site un effectif de 300 personnes au maximum". Ces personnes assureront "la sécurité des personnes, du bâtiment et des biens, les opérations de paye et de comptabilité, le maintien des liens avec nos partenaires extérieurs", a précisé le PDG.
"Le reste du personnel (environ 500 vendeuses et caissières) sera "en dispense d'activité" et "restera à la disposition de l'entreprise pendant ses heures habituelles de travail. Pendant cette période l'intégralité de leur rémunération sera maintenue", a ajouté le PDG. Les syndicats, qui ont organisé un débrayage vendredi, craignent que le personnel soit dispersé dans les différentes filiales du groupe LVMH, propriétaire de l'enseigne.
"Rien n'est tranché"
La Samaritaine doit fermer mercredi prochain pour une durée indéterminée, peut-être pour des années, pour cause de structure métallique dangereusement vétuste, le pire coup du sort pour ce magasin parisien historique, en déclin depuis 20 ans. La CGT a affirmé vendredi que LVMH était "parfaitement informé" depuis l'acquisition du magasin en 2001 des demandes de la préfecture exigeant une mise aux normes, et estime que le "prétexte" de la direction pour fermer "ne doit pas être retenu". Elle accuse même le repreneur d'avoir "laissé perdurer et même s'aggraver cette situation".
"Les experts (...) ont proposé deux solutions : soit des travaux par tranches pendant plus de 10 ans en laissant le magasin partiellement ouvert, soit une fermeture totale du magasin pour travaux pendant six ans maximum", a indiqué la direction, assurant que rien n'était encore tranché. Les personnels et leurs représentants syndicaux devaient se réunir en assemblée générale vendredi à midi. Ils s'opposent à une fermeture totale du magasin, estimant qu'elle mènera à la disparition de l'enseigne.
"Une grande épicerie" |
Christophe Girard, adjoint (Verts) à la Culture du maire de Paris et haut responsable de LVMH, juge "rassurant qu'on ne tergiverse plus avec la sécurité", à propos de la fermeture "provisoire, mais inéluctable" de la Samaritaine. Tout en mettant l'accent sur "l'attachement du groupe à l'activité grand magasin", le bras droit de Bernard Arnault estime que la réhabilitation de l'immeuble devrait se concevoir "dans le cadre de la rénovation globale du quartier des Halles". "Il circule parmi les responsables de LVMH le désir de voir une grande épicerie, dans l'esprit de celle du Bon marché, exister dans ce quartier historique de Paris", ajoute-t-il. |
(Image : La Samaritaine/archives/DR)
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