Succès pour le jet d'affaires Falcon 7X

Par Au Bourget, Alexandra Guillet, le 15 juin 2005 à 15h32 , mis à jour le 24 juillet 2005 à 09h35

Dernier né des avions d'affaires de Dassaut Aviation, le très luxueux Falcon 7X s'expose au salon du Bourget. L'avionneur français a déjà enregistré 55 commandes fermes. Coût moyen : 38 millions d'euros.

Falcon 7X dassault bourget 2005 (alex)

Difficile pour les avionneurs, autres qu’Airbus, de se faire une place cette année au salon du Bourget tant l’A380 monopolise l’attention. Il faut dire aussi que les nouveautés se font un peu rares. Néanmoins, sur le tarmac de l’aéroport du Bourget, un autre avion remporte un vif succès : le Falcon 7X, dernier-né de la gamme de jet d’affaires de Dassault Aviation. Capable désormais de franchir à Mach 0,9 des distances de 10 500 kms soit l’équivalent d’un Paris-Tokyo ou d’un Paris-Los Angeles, ce triréacteur haut de gamme est également doté de grandes innovations technologiques. "C’est le premier avion d’affaire au monde à être équipé de commandes électriques, qui simplifient le pilotage de l’appareil, explique Vadim Feldzer, responsable de la communication chez Dassault. Ca se traduit également par l’arrivée des "mini-manches" dans les cabines. Cette technologie permet de compenser ou d'entourer les actions des pilotes et de procurer plus de confort et de sécurité aux passagers". Et, ainsi, de séduire une nouvelle clientèle...

Pas de prototype

Au-delà de ses performances intrinsèques, cet avion est aussi le premier du genre à avoir été entièrement conçu, développé, industrialisé et produit à partir d’une maquette numérique. Les quelque 500 ingénieurs sollicités dans le monde entier pour ce projet ont ainsi pu travailler depuis chez eux grâce à une panoplie de logiciels mis au point par Dassault. Le premier avion sorti de l’usine d’assemblage de Bordeaux-Mérignac, et présent cette semaine au salon du Bourget, est donc devenu d’emblée un modèle de série. Il sera livré à son acheteur dès que la phase d'essais (prè d’un millier d’heures) terminée, vers fin 2006. Le premier Falcon 7X, qui a effectué son vol inaugural le 5 mai dernier, sera rejoint par un deuxième avion en juillet et un troisième en septembre.

55 commandes fermes

L’avionneur français, leader mondial de l’aviation d’affaires avec plus de 40% de parts de marché, se félicite d’avoir d’ores et déjà enregistré 55 commandes fermes. "C’est la première fois dans l’histoire qu’à ce stade d’avancée du programme on totalise autant de commandes", commente Vadim Feldzer. Coût de ce jet haut de gamme : entre 37 et 39 millions de dollars, selon la période de livraison demandée et les équipements voulus à l’intérieur de la cabine (liaison satellite, décoration…). 90% des clients actuels sont des grandes entreprises classées au "Fortune 500". Deux-tiers d’entre elles sont nord-américaines. Mais Dassault entend renforcer ses ventes en Europe et en Asie, où le marché se dynamise depuis quelques années, notamment grâce au système de propriété partagée.

Alian Catherineau
La décoration de jet, un secteur porteur

C'est un petit stand coincé dans une allée du salon. Au mur s'étale une collection d'échantillons de bois aussi précieux que rares : Acajou pommelé, loupe de Bubingua, sycomore... Bienvenue chez Catherineau S.A., entreprise familiale bordelaise spécialisée dans la décoration intérieure d'avion pour VIP. Déjà au 19e siècle, l'aïeul d'Alain Catherineau, son pdg, était ébeniste. Il y a quarante ans, l'entreprise s'est spécialisée sur ce nouveau marché, que seule une dizaine d'entreprises se partagent dans le monde. Leur technique : une fine lamelle de bois recouvre un matériau composite ultraléger et ultrarésistant mis au point et breveté par Catherineau.

Pour réaliser la décoration complète d'un petit jet, il en coûtera 50 000 euros, à ajouter au prix de l'avion. Pour aménager un appartement dans un gros Airbus, il faudra compter au minimum  un million d'euros. Si la loupe de Bulingua est le bois préféré du grand chef, un autre style de décoration est très prisé en ce moment, notamment par les princes arabes - principaux clients - : la peau de poisson Galuscha (raie ou requin), pour recouvrir les tables. Parmi les commandes insolites auxquelles Catherineau a dû répondre : la couverture complète des cloisons d'un avion en marqueterie bois reproduisant des portes de mosquées et une table entièrement recouverte... de diamants ! Toujours pour des princes arabes. L'entreprise, qui habille une quarantaine d'avions par an (600 en 40 ans), compte 70 salariés et affiche un chiffre d'affaires de 6 millions d'euros.   

Photo d'ouverture : le Falcon 7X, exposé cette semaine au Bourget

Par Au Bourget, Alexandra Guillet le 15 juin 2005 à 15:32
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