Tout le monde a son médecin traitant ?

le 30 juin 2005 à 17h49 , mis à jour le 01 juillet 2005 à 22h02

Ce vendredi est entré en vigueur l'une des principales mesures de la réforme du système de santé : le médecin traitant. Chaque malade devra désormais choisir un médecin référent s'il veut être remboursé au taux maximal.

médecin traitant formulaire Sécu © DR

Depuis ce vendredi, les patients sont invités à consulter leur médecin traitant avant tout autre professionnel de santé, sous peine d'un moindre remboursement. Il s'agit d'une nouvelle étape dans l'application de la loi Douste-Blazy réformant l'assurance maladie entrée en vigueur au 1er janvier 2005. Les 48 millions d'assurés sociaux de plus de 16 ans étaient invités à choisir un médecin traitant qu'il leur faudra consulter avant tout autre praticien, sous peine d'être moins bien remboursés par la sécurité sociale et de se voir appliquer un dépassement d'honoraire par le médecin.

A ce jour, près de 20 millions de Français ont renvoyé leur formulaire de déclaration de médecin traitant à la sécu, selon le ministre de la Santé Xavier Bertrand (pour les modalités, voir Le médecin traitant : où, quand, comment ? ). A partir d'aujourd'hui, certains spécialistes libéraux obtiennent également des revalorisations tarifaires. La consultation en secteur 1 passe ainsi de 25 à 27 euros, d'autres spécialités ayant déjà été revalorisées en mars. En contrepartie de ces revalorisations qui représentent une enveloppe de 280 millions d'euros en 2005, les médecins s'engagent à réaliser près d'un milliard d'euros d'économies sur les dépenses de santé, par exemple en prescrivant des génériques et en limitant les arrêts maladie.

Le dispositif suscite toutefois un flot de critiques : d'une complexité redoutable -"labyrinthique", disent ses détracteurs-, il met en place plus de trente tarifs différents. Sur le terrain, les médecins se disent prêts - sans enthousiasme - à jouer le jeu, mais doutent que les économies soient au rendez-vous. Les généralistes de MG-France déplorent un manque de moyens. L'efficacité économique de la réforme, censée ramener en 2007 la branche maladie vers l'équilibre (contre un déficit de 11,6 milliards d'euros en 2004), avait été contestée dès son origine par nombre d'observateurs, y compris à Bercy. Le premier volet de la réforme, entré en vigueur au 1er janvier, consistait principalement en de nouveaux prélèvements : forfait d'un euro, augmentation du forfait hospitalier, hausse de la CSG. Est encore prévue - même si les dossiers semblent prendre du retard - l'instauration, en 2006 de la Carte Vitale 2 et, en 2007, du dossier médical personnel (DMP) informatisé, sorte de mémoire médicale du patient, qui sera géré par le médecin traitant.

Photo : formulaire de déclaration du médecin traitant
à retourner à son centre d'assurance maladie

le 30 juin 2005 à 17:49
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