© INTERNELa croissance s'avérant plus faible que prévue (1,5%), les économistes de l'assurance-chômage revoient à la hausse leurs prévisions. Le déficit cumulé, qu'ils évaluaient à 12,7 milliards d'euros pour la fin 2005 en mars dernier, devrait finalement atteindre 13,675 milliards d’euros, selon les chiffres publiés mercredi. Pour la même raison, la prévision d'une baisse du nombre de chômeurs de catégorie 1 (celle qui sert de référence) de 67.000 est presque inférieure de moitié à celle que les prévisionnistes publiaient début mars : ils attendaient alors une diminution de l'ordre de 120.000.
L'Unedic explique ce fort ajustement à la baisse par le fait que "les industriels français pâtissent actuellement d'une nette dégradation du climat des affaires, intervenue de façon rapide et assez peu anticipée", notamment sous les effets conjugués de l'euro fort et des pressions haussières des prix des matières premières.
Allocations chômage : le patronat plaide pour une année blanche
Le régime d'assurance chômage est plus optimiste pour les prochaines années : ainsi, il devrait enregistrer un excédent de 58 millions d'euros en 2006, ce qui ramènerait le déficit cumulé à 13,617 milliards d’euros fin décembre 2006. Parallèlement, les créations nettes d'emplois pourraient passer de 60.000 cette année à 150.000 l'an prochain, puis 221.000 en glissement en 2007 et 217.000 en 2008. Le nombre de chômeurs de catégorie 1 diminuerait de 110.000 en 2006, puis 182.000 en 2007 et 195.000 en 2008.
En attendant, au vu de la mauvaise situation financière de l'Unedic, et faute d'accord entre le patronat et les syndicats lors du conseil d'administration de mercredi, les allocations chômage ne seront pas revalorisées au 1er juillet. "Il n'y a pas eu d'accord en séance et le président de l'Unedic, Denis Gautier-Sauvagnac (Medef), a décidé de s'en remettre aux partenaires sociaux lors de la prochaine négociation", a indiqué l'Unedic. Les syndicats s'étaient accordés pour demander une revalorisation de 2% qui aurait permis de maintenir le pouvoir d'achat des chômeurs, mais ils se sont heurtés à un refus du patronat qui plaidait pour une année blanche, a déclaré François Desanti (CGT).
2,3 millions de Smicards : un niveau historique |
Plus de 2,3 millions de salariés étaient rémunérés sur la base du Smic en 2004, un "niveau historique" représentant 15,6% des salariés, contre 13,4% un an plus tôt, selon une étude du ministère de l'Emploi (Dares) publiée mercredi. "Ce niveau historique dépasse largement le pic de juillet 1997" qui était de 14,4% seulement, ajoute-t-elle. La proportion et le nombre de salariés au Smic est en hausse quelle que soit la taille de l'entreprise, souligne la Dares. Cette hausse "s'explique principalement par la forte hausse du niveau du Smic horaire, pour la deuxième année de suite : + 5,8% au 1er juillet 2004, après + 5,3% un an plus tôt", indique l'étude. Près d'un tiers (32,3%) des salariés travaillant dans des entreprises de moins de 10 salariés sont payés au Smic et ont bénéficié des revalorisations du 1er juillet, contre seulement 11,2% dans les entreprises de plus de 10 salariés. Les salariés payés sur la base du Smic sont fortement représentés dans certains secteurs d'activité, comme les services aux particuliers (39%), le commerce (23%) ou l'industrie agro-alimentaire (20%). Le Smic doit être revalorisé de 5,51% au 1er juillet prochain. |
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