240 saisonniers agricoles immigrés en grève

le 15 juillet 2005 à 07h54 , mis à jour le 15 juillet 2005 à 08h34

Quelque 240 saisonniers agricoles immigrés employés sur deux exploitations fruitières de Saint-Martin-de-Crau relevant du même employeur sont en grève pour réclamer le paiement d'heures supplémentaires.

saisonniers agricoles immigrés en grève bouches du rhone

Ils sont 120 Marocains et 120 Tunisiens. Saisonniers agricole, ils sont employés à la SEDAC et à Poscros, deux sociétés qui produisent des pêches et des abricots sur 1700 hectares à Saint-Martin-de-Crau, dans les Bouches-du-Rhône. Et fait rarissime dans ce secteur, ils font la grève pour obtenir le paiement d'heures supplémentaires au titre des années 2004 et 2005. Leur employeur doit à chacun entre 2500 et 3000 euros d'heures supplémentaires dont le paiement était promis à la fin de la saison dernière mais qui n'a toujours pas été effectué. Ces saisonniers, qui pour certain travaillent depui squinze ans sur la même exploitation, sont employés sous contrat OMI (Office de migrations internationales), qui permet à des employeurs de recruter pour des durées déterminées (8 mois maximum) des saisonniers étrangers rémunérés au SMIC.

"Nous sommes ici chez le premier utilisateur de main d'oeuvre OMI du  département. Ils travaillent 230 heures par mois mais ne sont payés que 150 heures", a expliqué Bernard Gleize, représentant CGT pour l'agro-alimentaire des Bouches-du-Rhône. "Depuis 1997, nous avons dénoncé des centaines de cas d'abus. La responsabilité du préfet est évidente car si les conditions de travail sont  telles, relevant de l'esclavage, chez le plus gros employeur du département, comment sont-elles ailleurs?", s'est également interrogé M. Gleize qui demande  "le contrôle et le respect des contrats OMI". "

Bernard Gleize dénonce également les conditions d'hébergement des saisonniers, accueillis pour certains dans des bungalows sans aucune hygiène et pour lesquels ils paient un loyer. Les autres sont  hébergés dans un mas délabré, sans eau potable. Le préfet des Bouches-du-Rhône a assuré que "les services compétents de l'Etat allaient prendre contact immédiatement avec le patron de l'entreprise"  pour ce qui relève d'un "conflit du travail", un domaine où "il existe des  règlements et des lois qui doivent s'appliquer".

le 15 juillet 2005 à 07:54
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9 Commentaires

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  • Fox, le 15/07/2005 à 20h04

    Pourquoi le nom du responsable de ces societe n'est pas cité ! un pote du prefet ? du politique du coin ? et pourquoi le prefet n'a rien fait depuis 1997 ? et on nous parle de justice, de revaloriser le travail !!! ... vraiment la france est tombé bien bas avec une equipe politique et des medias main dans la main pour tuer la france et les francais . au lieu de courir apres "courant d'air" il devrait denoncer tout ces problemes et il y a de quoi alimenter tout les 20H pendant 100 ans ! mais il y a une mauvaise volonté evidente !

  • Carine, le 15/07/2005 à 19h44

    Merci aux médias et à cex qui ont encore le courage d'oeuvrer pour que les injustices cessent... Honte à ce préfet...indigne de sa charge qui attend l'ultime dévoilement par les médias pour enfin réagir... De la pourriture ne costume...imbue d'elle même et Dieu sait que je suis pour la méritocratie...mais pas pour l'incivisme et le travail mal fait!

  • David, le 15/07/2005 à 18h51

    C'est une honte !!

  • CAKOS, le 15/07/2005 à 15h30

    Bien joué! Y a pas de raison qu'un employeur, en toute impunité, exploite de l'humain (sans payer à 100% les heures). Faudrait voir les bénéfs des exploitants et comparer avec ceux qui ramassent leur production. ou alors ils s'y mettent à tous les exploitants ensemble pour ramasser leur propre production. Bye PS: on a toujours besoin d'un bourricot pour faire le sale boulot ...

  • Ahmed, le 15/07/2005 à 14h07

    Je croyais que l'esclavage avait disparu en France... apparemment ils existent encore beaucoup de negriers...

  • Christophe, le 15/07/2005 à 14h00

    Ce qui est dingue, c'est qu'on autorise les patrons français à faire venir des étrangers pour les faire travailler dans ces conditions alors qu'il y a plus de 2 millions de chômeurs et plus de 1 million de RMistes en France. Je me demande si les dirigeants du pays veulent vraiment réduire le chômage.

  • Moimeme, le 15/07/2005 à 12h41

    Voici la preuve que l'esclavage existe en france.l'agriculture a des problemes ok mais ce n'est pas une raison pour employe des salaries gratuitement. pourquoi l'ue ne paie pas ces salaries au titre de la pac?

  • Alex, le 15/07/2005 à 09h02

    BRAVO ! c'est pas parcequ'on est précaire et dans le besoin qu'on a pas de droits civique et qu'on est corviable a merci, continuer les gars !

  • Laurence, le 15/07/2005 à 08h55

    Je pensais que l'esclavage était aboli en France.En voyant le reportage à la télé j'ai été horrifiée de voir dans quelles conditions ces pauvres saisonniers sont hébergés et que l'on puisse leur faire payer des frais d'hébergement et leurs outils de travail.La France pays des droits de l'homme a encore beaucoup de travail à faire pour que ce genre de choses ne se reproduise plus .La dignité de ces travailleurs immigrés a été oubliée par ce patron qui se remplit les poches en ne leur payant pas les heures supplémentaires.J'espére qu'il sera sanctionné sévérement et que ces personnes seront payées comme il se doit.

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