© DRLe flegme français ? Contrairement aux attentats de Louxor en 1997 qui avaient été suivis d’une vague massive et durable de désistements, les attentats de la semaine dernière à Charm El-Cheikh n’ont pas, pour le moment, suscité de telles réactions. « Les gens qui nous appellent ne nous demandent pas si c’est dangereux de partir mais si les vols sont maintenus », rapporte Fabien Bourdier, président du site de vente de voyages Expedia. Mardi, les tour opérateurs et agences de voyages ont décidé de prolonger jusqu’au 14 août la possibilité pour les voyageurs ayant réservé des vacances à Charm El-Cheikh de reporter leur séjour ou de changer de destination. Trois mesures ont été prises : le "report sans frais" sur la même destination à une date ultérieure, valable un an, le report également sans frais sur une autre destination du même tour opérateur, toujours jusqu'à un an, ou enfin un crédit voyage valable un an sur la même destination ou une autre destination du tour opérateur.
Dimanche, au lendemain des attentats meurtriers, « sur un vol de 250 personnes, 105 ont tout de même pris le départ », affirme Nahed Rizk, responsable de l’office de tourisme égyptien à Paris. « Nos clients ont soit changé de destination en optant par exemple pour Hurghada (autre station balnéaire du Sinaï) ou bien nous ont demandé un peu de temps avant de se décider, en fonction de l’évolution des événements sur place », rapporte Mohamed Salem, Directeur Général du tour opérateur «Voyages de Pharaon », spécialiste de l’Egypte. « Pour les attentats de Louxor, nous avions eu des dizaines d’annulation dans l’heure. Aujourd’hui, ce n’est pas du tout le cas ».
Promotions si nécessaire
Même ressenti chez Expedia qui a comptabilisé dans les deux jours suivants les explosions à Charm El-Cheikh, entre un quart et un tiers d’annulation et la même proportion de report. « Les Français semblent avoir assimilé le risque terroriste », estime Fabien Bourdier. « Quand il y a des explosions quasiment tous les jours, les gens réagissent différemment » surenchérit Nahed Rizk.
De là à en conclure qu’il n’y aura pas d’impact à moyen ou long terme sur les réservations touristiques en Egypte, il y a un raccourci qu’il faut se garder de faire. « C’est en septembre seulement que nous verrons l’impact des attentats sur les réservations des vacances de la Toussaint et de la période hivernale, temps fort du tourisme en Egypte », estime, prudent, Mohamed Salem. Selon lui, les touristes de Charm El-Cheikh ne sont pas forcément les mêmes que ceux qui vont dans la vallée du Nil pour des vacances plus culturelles. « Charm El-Cheikh était une destination en pleine expansion depuis 5 ans », selon Expedia. « La destination attire surtout les touristes en quête de plage, de soleil, de détente ». Le directeur général d’Expedia note d’ailleurs que les clients qui ont changé de destination ont opté pour le bassin méditerranéen, Grèce, Tunisie, Italie.
Les promotions pourraient-elles relancer une demande atone à la rentrée ? « C’est possible, c’est ce qui s’est passé après le tsunami sur certaines destinations », concède Fabien Bourdier. Mais ce sera aux autorités égyptiennes d’initier le mouvement, si le besoin s’en fait sentir.
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