© LCILe ministre de l'économie s'est montré mardi encore plus prudent sur sa prévision de croissance du produit intérieur brut en 2005, lors du débat d'orientation budgétaire à l'Assemblée nationale. "Mon sentiment aujourd'hui est que nous pouvons encore espérer nous rapprocher de 2% de croissance annuelle en 2005, si bien entendu le cours du pétrole se replie, même si ce chiffre est plutôt devenu le haut de la fourchette de croissance envisagée", a déclaré Thierry Breton.
Le gouvernement "ne communiquera de nouvelles prévisions officielles qu'à la rentrée", a-t-il ajouté. Thierry Breton avait révisé à la baisse le 21 juin dernier la prévision de croissance 2005, initialement attendue entre 2 et 2,5%, indiquant alors que le chiffre de 2% était devenu "le haut de la fourchette" au lieu d'un plancher.
Réserve
Par ailleurs, le ministre a annoncé que le Premier ministre venait "de décider, sur sa proposition, de mettre en oeuvre une réserve de précaution supplémentaire d'un milliard d'euros". En début d'année, 4 milliards d'euros avaient déjà été gelés. "Il apparaît aujourd'hui que la croisiance de l'année 2004 a été moins bonne que prévue et qu'il existe un aléa négatif sur ces recettes à 'assiette décalée' notamment celles de l'impôt sur les sociétés", a-t-il dit.
Dans ce contexte, Thierry Breton a assuré que le gouvernement "portait une attention plus grande que jamais à la maîtrise des dépenses". Il a confirmé ainsi que les "dépenses de l'Etat en 2005 seraient exécutées à 'l'euro près' (...) ce qui veut dire aussi en respectant 'la norme 0'".
Comprendre la dette
Le ministre a également annoncé avoir chargé Michel Pébereau d'une "mission sur l'ensemble des questions soulevées par la dette publique". Le président de BNP Paribas devra rendre son rapport "pour l'automne", a ajouté Thierry Breton. "Chacun de nos concitoyens a besoin de comprendre la situation actuelle et les moyens de la gérer", a-t-il poursuivi.
Thierry Breton a expliqué que la dette publique représentait "actuellement 1067 milliards d'euros", passant de "20,7% du PÏB en 1980 à 64,7% en 2004". "Ceci résulte, a-t-il dit essentiellement de la dette de l'Etat qui atteint aujourd'hui 51% du PIB (soit 839,9 milliards d'euros)". Il a évalué à "aujourd'hui plus de 17.000 euros pour chaque Français" le poids de la dette, soulignant que annuellement la charge des intérêts représentait "quasiment le produit de l'impôt sur le revenu".
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