Danone, la plus jolie des fiancées

le 19 juillet 2005 à 18h04 , mis à jour le 19 juillet 2005 à 18h42

Actionnariat éparpillé, prédateurs décidés à pénétrer le marché européen, Etat français impuissant à protéger le fleuron national de l'agroalimentaire... autant de raisons qui alimentent la rumeur d'une possible OPA sur Danone.

riboud antoine afp danone © INTERNE

"Le risque d'OPA, avec 95% de flottant, c'est possible techniquement. Surtout que Danone est une des plus jolies filles de l'agroalimentaire mondial", reconnaissait volontiers, le 17 juin dernier, le PDG de Danone, Franck Riboud. Danone, c'est 13,7 milliards de chiffre d'affaires dans trois secteurs : produits laitiers frais, eaux en bouteilles et biscuits, pour un bénéfice net de seulement 317 millions d'euros en 2004.

Une des particularités du groupe est de n'avoir aucun actionnaire de référence ; le principal est le fonds d'investissement français Eurazeo, avec 3,66% du capital et 7,16% des droits de vote. Soucieux de préserver son indépendance, Franck Riboud a laissé subsister quelques "pilules" pour se protéger d'une offre hostile. Ainsi tout actionnaire dépassant 0,5% du capital doit en faire la déclaration. De plus, pour espérer détenir à peine 12% des droits de vote, il faut acquérir plus des deux tiers de la totalité des actions, selon les statuts de la société. "La seule façon de prendre le contrôle de ce groupe est de lancer une OPA en bonne et due forme", admettait il y a quelques jours le porte-parole de Danone.

Nestlé chevalier blanc ?

Ce qui ne découragera peut-être pas les géants des soft-drinks PepsiCo ou Coca-Cola, à la recherche d'une solution pour s'imposer sur le marché de l'eau en Europe. PepsiCo a les moyens de lancer une offre publique d'achat d'au moins 30 milliards d'euros sur Danone , estiment les analystes pour qui une telle opération a du sens sur le plan industriel. Le géant français de l'agroalimentaire pèse aujourd'hui en Bourse 23,4 milliards d'euros. Dans ce contexte, le géant suisse Nestlé pourrait entrer dans la course, en venant jouer le rôle de "chevalier blanc" au secours de Danone pour ne pas voir envahir son "pré carré" du Vieux Monde.

Au moment où un autre géant de l'agroalimentaire français, Pernod Ricard, est en passe de réussir une OPA amicale sur le Britannique Allied Domecq et devenir le numéro 2 mondial des vins et spiritueux, il semble peu probable que le gouvernement français ait les moyens d'intervenir, même en cas d'OPA hostile. La Caisse des Dépôts, le "bras armé" de l'Etat, ne détenait au 31 décembre 2004 que 2,88% du capital de Danone.

Photo : Antoine Riboud, fondateur du groupe Danone en 1966 sous le nom de BSN
et père de l'actuel PDG du groupe, Franck Riboud.

le 19 juillet 2005 à 18:04
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2 Commentaires

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  • Jean, le 19/07/2005 à 19h03

    Encore une grande victoire du modele Francais socialo-chiraco-perdant

  • Patrice, le 19/07/2005 à 18h50

    Pourquoi l'Etat ne lance-t-il pas une OPA pour que l'entreprise reste aux mains de la France ?

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