Danone : tout le monde s'élève contre un rachat

le 19 juillet 2005 à 12h30 , mis à jour le 19 juillet 2005 à 18h34

Des rumeurs d'OPA hostile de Pepsico sur le français Danone ont suscité de vives réactions de la part de la classe politique française mais aussi des marchés.

Danone groupe agroalimentaire yaourt © DR

Le fleuron français de l'agroalimentaire serait-il susceptible de passer dans des mains étrangères ? Pas sans susciter l'émoi en tout cas. Les rumeurs d'une possible OPA (Offre publique d'achat) sur Danone par le groupe Pepsico ont mis en ébullition la Bourse de Paris et la classe politique.

Mardi, l'action Danone a pris 10,19% à 87,60 euros. "No comment", a déclaré un porte-parole de Danone, rappelant que le groupe était tenu à une certaine réserve avant la publication jeudi matin de ses résultats pour le premier semestre.

"Les synergies ne seront pas au rendez-vous"

Lundi soir, Patrick Ollier, président (UMP) de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée a dit que le gouvernement était "préoccupé" par un éventuel rachat de Danone par Pepsico. Pepsico a démenti la semaine dernière. "C'est quelque chose qui est culturellement gênant", a ajouté Patrick Ollier en vantant "la qualité de l'agroalimentaire français". "Toute opération ne peut se faire contre le sentiment de ceux qui font la vie de Danone, dont les 6.000 producteurs qui fournissent du lait à Danone en France", a dit Jean-François Lemétayer, le président de la FNSEA.

Le ministre de l'Economie, Thierry Breton s'est refusé à commenter "les rumeurs" Réagissant dans un communiqué, Dominique Strauss-Kahn "tient à mettre en garde les actionnaires de Pepsico". Ils "doivent savoir que leur entreprise ne peut tirer aucun bénéfice de cette OPA hostile, que les synergies attendues ne seront pas au rendez-vous et que les réactions les plus vives seraient à craindre si cette tentative devait être poursuivie". "Je demande aux pouvoirs publics, et d'abord au chef de l'Etat et au gouvernement, d'agir en urgence afin que ce grand groupe puisse rester à base européenne et française", a estimé quant à lui Laurent Fabius.

le 19 juillet 2005 à 12:30
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