© DRGageons que l'information n'est pas innocente dans la poursuite de l'envolée du titre Danone mercredi. Peu après l'ouverture de la Bourse de Paris, l'action gagnait 6,39% à 93,30 euros après avoir déjà connu une hausse de plus de 10% la veille. Selon le Financial Times, le groupe américain Pepsico aurait donné un mandat à deux banques d'affaires, Morgan Stanley et UBS, pour monter un dossier de reprise du groupe agroalimentaire français Danone. Cette information viendrait donc conforter les rumeurs de projet d'OPA (offre publique d'achat) du groupe américain sur le géant français de l'agroalimentaire.
Si PepsiCo a démenti avoir pris une participation au capital de Danone, il aurait néanmoins, selon des sources non identifiées par le quotidien britannique, confié le dossier à la banque américaine Morgan Stanley et son homologue suisse UBS. Selon des sources proches de Pepsico, sur lesquelles s'appuie le Financial Times, le groupe américain ne devrait pas lancer une offre publique d'achat hostile sur Danone. "Une entreprise américaine lançant une offre hostile pour un fleuron français serait pratiquement vouée à l'échec", selon une de ces sources.
"Plus qu'un fleuron"
Cependant, poursuit le Financial Times, si Pepsico devait se lancer dans un raid boursier sur Danone, alors d'autres groupes industriels pourraient se lancer dans la bagarre comme son grand rival Coca-Cola, le groupe agroalimentaire américain Kraft Foods ou le Suisse Nestlé. En début de séance mercredi, l'action gagnait 6,39% à 93,30 euros, dans un marché en baisse de 0,15%.
"Un groupe comme Danone fait évidemment partie des fleurons de notre industrie et nous entendons bien sûr défendre les intérêts de la France", a assuré le Premier ministre mercredi. Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a qualifié mercredi de "rumeurs" le possible rachat du groupe agroalimentaire. Mais de préciser : "le gouvernement suit de très près ce dossier". "Danone est un grand groupe industriel français, il emploie des milliers de salariés, en particulier dans notre pays. Et Danone c'est aussi un savoir-faire, une qualité reconnue dans l'industrie agro-alimentaire, c'est un fleuron de notre industrie et tout cela explique donc que le gouvernement suive de très près l'évolution de ce dossier", a poursuivi le porte-parole.
Tandis que le ministre de l'Economie et des Finances se refuse toujours à commenter ce qu'il nomme des rumeurs, Jean-Louis Borloo a indiqué que le gouvernement regardait le dossier Danone "avec des moyens propres pour tout faire pour tenter de nous opposer à une OPA hostile", sur Europe 1. "Danone "est plus qu'un fleuron", a estimé le ministre de la Cohésion sociale. "C'est une entreprise très importante pour l'équilibre de notre pays sur l'emploi, sur l'aménagement du territoire, sur la santé et sur l'art de vivre".
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