Danone : Villepin veut défendre les intérêts français

le 20 juillet 2005 à 10h07 , mis à jour le 20 juillet 2005 à 17h49

Le groupe américain Pepsico aurait mandaté deux banques afin de monter un dossier de reprise du groupe Danone, selon le Financial Times. Dominique de Villepin a assuré que le gouvernement comptait défendre les intérêts de la France.

Danone bouteilles chaîne © DR

Gageons que l'information n'est pas innocente dans la poursuite de l'envolée du titre Danone mercredi. Peu après l'ouverture de la Bourse de Paris, l'action gagnait 6,39% à 93,30 euros après avoir déjà connu une hausse de plus de 10% la veille. Selon le Financial Times, le groupe américain Pepsico aurait donné un mandat à deux banques d'affaires, Morgan Stanley et UBS, pour monter un dossier de reprise du groupe agroalimentaire français Danone. Cette information viendrait donc conforter les rumeurs de projet d'OPA (offre publique d'achat) du groupe américain sur le géant français de l'agroalimentaire.

Si PepsiCo a démenti avoir pris une participation au capital de Danone, il aurait néanmoins, selon des sources non identifiées par le quotidien britannique, confié le dossier à la banque américaine Morgan Stanley et son homologue suisse UBS. Selon des sources proches de Pepsico, sur lesquelles s'appuie le Financial Times, le groupe américain ne devrait pas lancer une offre publique d'achat hostile sur Danone. "Une entreprise américaine lançant une offre hostile pour un fleuron français serait pratiquement vouée à l'échec", selon une de ces sources.

"Plus qu'un fleuron"

Cependant, poursuit le Financial Times, si Pepsico devait se lancer dans un raid boursier sur Danone, alors d'autres groupes industriels pourraient se lancer dans la bagarre comme son grand rival Coca-Cola, le groupe agroalimentaire américain Kraft Foods ou le Suisse Nestlé. En début de séance mercredi, l'action gagnait 6,39% à 93,30 euros, dans un marché en baisse de 0,15%.

"Un groupe comme Danone fait évidemment partie des fleurons de notre industrie et nous entendons bien sûr défendre les intérêts de la France", a assuré le Premier ministre mercredi. Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a qualifié mercredi de "rumeurs" le possible rachat du groupe agroalimentaire. Mais de préciser : "le gouvernement suit de très près ce dossier". "Danone est un grand groupe industriel français, il emploie des milliers de salariés, en particulier dans notre pays. Et Danone c'est aussi un savoir-faire, une qualité reconnue dans l'industrie agro-alimentaire, c'est un fleuron de notre industrie et tout cela explique donc que le gouvernement suive de très près l'évolution de ce dossier", a poursuivi le porte-parole.

Tandis que le ministre de l'Economie et des Finances se refuse toujours à commenter ce qu'il nomme des rumeurs, Jean-Louis Borloo a indiqué que le gouvernement regardait le dossier Danone "avec des moyens propres pour tout faire pour tenter de nous opposer à une OPA hostile", sur Europe 1. "Danone "est plus qu'un fleuron", a estimé le ministre de la Cohésion sociale. "C'est une entreprise très importante pour l'équilibre de notre pays sur l'emploi, sur l'aménagement du territoire, sur la santé et sur l'art de vivre". 

le 20 juillet 2005 à 10:07
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22 Commentaires

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  • Michel, le 20/07/2005 à 15h00

    A ma connaissance, Danone est une entreprise privée. L'état n'a pas a se meler du secteur privé. Elle ferait mieux de s'occuper du secteur public en déficit chronique depuis des décennies et des entreprises associés (type SNCF avec 100 Milliards de dettes - la POSTE dont les retraites vont couter 57 Milliards d'Euros au contribuable etc etc...) Merci de me publier. Michel;

  • Vastre, le 20/07/2005 à 14h34

    Une OPA à 20% au dessus du dernier cours de bourse sera considérée comme amicale par l'immense majorité des actionnaires (dont je regrette de ne pas être). Donc le gouvernement devra se taire après avoir aboyé.

  • Georges, le 20/07/2005 à 13h54

    On peut déjà arréter de boire du pepsi, cela nous fera du bien.

  • Philippe Moulin, le 20/07/2005 à 13h49

    Nous devons capitaliser, nous le peuple de France, dans une socièté financière qui doit acheter Danone. C'est très facile à faire. Comment proposer cela à tous les Français, qui seraient certainement d'accord pour le faire, mais qui sont pour certains trop ignorants sur le financement des entreprises? Les banques françaises pourraient proposer en commun cette participation à tous leurs clients.

  • Emilie, le 20/07/2005 à 13h38

    Non mais ca va pas non ? les ricains ne vont quand meme pas nous piquer Danone ?? J'espere vraiment qu'ils n'y parviendront pas, ca devient de la dictature economique. Si un seul et meme groupe prenait autant d'ampleur, la loi de la libre concurrence serait vraiment faussée. On ne peut pas et on ne doit pas permettre une chose pareille ! non a l'invasion americaine !

  • JP, le 20/07/2005 à 13h24

    Quels sont les risques en matière de délocalisation? Si les réactions sont si négatives c'est certainement que les conséquences sur nos emplois risquent d'être très importantes. A quand nos yahourts et nos biscuits made in China avec toutes les conséquences que cela suppose? A quand le désert économique pour notre pays? Messieurs les politiques, reagissez!

  • Beaudu, le 20/07/2005 à 13h23

    L'équation est simple : Soit Danone reste français, et je continue à acheter ses produits, soit Danone devient américain et j'achete les produits concurrents !

  • Jean, le 20/07/2005 à 13h20

    Quand un groupe se sent opéable, et que la sitaution financiere est saine, il se doit de se protéger par des rachats d'actions, or Danone n'a rien fait pour se protéger, donc il se font acheter par une autre compagnie, c'est que quelque part, ils n'ont pas fait ce qu'il fallait pour se sauver de ce genre de situation: Dirigeants, vous meritez ce qui est en train de vous arriver...

  • Luc, le 20/07/2005 à 13h06

    1er épisode: Il y a une semaine, un laboratoire européen apporte la preuve du danger d'aun produit utilisé notamment dans les soda light. 2ème épisode: Pepsi, un gros utilisateur de ce produit montre sa force en voulant mener une OPA contre Danone. 3ème épisode, dans une semaine: Démenti scientifique sur la nocivité du produit en question. Et tout rentre dans l'ordre.

  • Nono, le 20/07/2005 à 13h02

    Et encore une fois notre personnel politique se trompe de combat... Franchement qu'une boite privée, même de la taille de DANONE, soit rachetée par une autre en quoi est ce choquant, à partir du moment ou les lois du marché sont connues et établies...

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