© INTERNEA 71 ans, Julien, retraité des assurances, s’étonne lui-même de son possible assujettissement à l’impôt sur la fortune. « Ca me guette », constate incrédule le fils d’ouvriers parisiens. « J’arrive à un âge où je bénéficie d’héritages et où, en même temps, j’en termine avec mon emprunt immobilier ». Une conjonction de facteurs qui le font figurer parmi les personnes susceptibles de s’acquitter de l’impôt sur la fortune.
Pur fruit de la méritocratie républicaine, Julien a profité de l’ascenseur social grâce à des études réussies et trouvé un emploi dans les assurances. Aux débuts des années 60, il convole avec une enseignante. Locataires d'un modeste deux pièces à Paris, ils achètent une vieille ferme en Champagne 100 000 francs (15000 euros) en 1972 qu’ils retapent, petit à petit, chaque week-end. Trop âgé pour continuer à s’en occuper, Paul l’a revendue l’an dernier environ un million de francs (150 000 euros). Cette somme n’était pas assujettie à l’impôt sur les plus-values étant donné qu’il en avait été propriétaire plus de 32 ans.
Immobiler et épargne
Dans l’intervalle, Paul est devenu veuf. Remarié en 1990, il achète un appartement de 100 m² en proche banlieue parisienne avec sa nouvelle épouse : un million de francs en 1988 (150 000 euros). Il habite toujours dans cet appartement mais celui-ci est désormais évalué entre 2,5 et 2,7 millions de francs (380 000 euros et 410 000 euros). Or, l’emprunt qu’il avait contracté pour l’acheter touche à sa fin (cf ci-dessous calcul de l’ISF)
Au rang de ses économies : des produits d’épargne traditionnels, des indemnités de licenciement quand il a été remercié à l’âge de 51 ans de la compagnie d’assurance et une pension de reversion de l’Education nationale suite au décès de sa femme. Il possède aujourd’hui 150 000 euros d’économies.
Sa seconde épouse vient elle-même d’hériter de la maison de sa mère (122 000 euros) dont elle a partagé la vente avec son frère (61 000 euros chacun). Un patrimoine auquel s’ajoutent également les économies d'une vie de salariat. Au total, Paul et son épouse dépassent tout juste le seuil de l’ISF fixé à 732 000 euros. Sans toutefois passer la moitié de l’année sur un yacht et l’autre dans un chalet en Suisse.
Mode de calcul de l'impôt sur la fortune |
- Sont pris en compte dans le calcul du patrimoine : dépôts, créances, immeubles, terrains, meubles meublants, véhicules personnels, bijoux, parts sociales, actions, parts de fonds communs de placement, valeurs mobilières y compris celles figurant dans les comptes d'épargne à long terme (plan d'épargne en actions, plan d'épargne logement, plan d'épargne populaire, plan d'épargne entreprise).
- La déclaration vaut pour le foyer fiscal soient les couples mariés (même sous le régime de la séparation des biens) ou en concubinage.
- Le montant du patrimoine ne doit pas excéder les 736 000 euros.
- Les emprunts immobiliers peuvent être soustraits du montant du bien : on prend alors en compte le montant du capital et des intérêts qu'il reste à rembourser.
- Le barême de l'ISF est progressif : Entre 736 000 euros et 1.180.000 euros, il est de 0,55%. Plus le patrimoine augmente et plus la part d'imposition augmente.
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