
Une femme à la tête du Medef. Laurence Parisot a été élue mardi à la présidence du mouvement patronal au premier tour de scrutin lors de l'assemblée générale extraordinaire à Paris. La présidente de l'Ifop, qui était donnée grande favorite, a été élue à la majorité absolue. Elle a obtenu 271 voix des grands électeurs du Medef, contre 150 à Yvon Jacob et 85 à Hugues-Arnaud Mayer. Laurence Parisot, qui aura 46 ans en août, succède à Ernest-Antoine Seillière qui préside désormais l'Unice, l'organisation patronale européenne, après avoir dirigé pendant sept ans et demi le Medef.
La toute nouvelle président a tenu un discours devant les délégués du Medef au cours duquel elle a précisé ses priorités. "Nous, entrepreneurs, allons parler d'économie et faire aimer l'économie de marché", a-t-elle déclaré. "Mener une politique favorable aux entreprises, ce n'est pas faire une politique antisociale". Celle qui succède à Ernest-Antoine Seillière a plaidé pour un Etat "plus mince, plus performant".
Dire la vérité
Laurence Parisot a pris trois engagements : faire réformer le code du travail pour le "moderniser" et le faire correspondre à l'état actuel du marché du travail, concentrer les efforts du Medef sur les PME en posant notamment la question difficile de la transmission d'entreprise, et enfin, ouvrir le Medef à des métiers dont il est coupé aujourd'hui : magistrats, artistes-artisans ou encore enseignants. Selon la première femme à la tête du Medef, "la France est en état d'urgence", la croissance est en berne, "l'exil de nos talents est massif". Il faut donc agir rapidement et avoir "le courage de dire la vérité".
Pour Jean-Louis Walter, président de la CFE-CGC, "l’élection de madame Parisot marque un renouvellement du patronat à deux points de vue : c’est une femme jeune ; elle est l’expression de l’importance prise par les services dans l’économie française. Espérons que la volonté de négocier du MEDEF soit également un aspect fort de son renouvellement." Guillaume Sarkozy, qui était candidat avec Francis Mer avant de se retirer estime qu’elle « peut faire certaines choses si elle a la liberté de ses faits et gestes" mais en doute.
"Le fait qu'une femme devienne présidente du Medef est un signe fort en faveur de la promotion de l'égalité professionnelle", a déclaré la secrétaire nationale adjointe de la CFTC, espérant que Mme Parisot allait "reprendre ce combat". Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a déclaré qu'il jugerait Laurence Parisot "sur les actes", s'inquiétant de la volonté de la nouvelle présidente du Medef de "moderniser" le code du travail. La secrétaire confédérale de la CGT Maryse Dumas a qualifié mardi d'"évènement" l'accession d'une femme à la présidence du Medef, tout en reconnaissant que la CGT avait "beaucoup de désaccords avec elle".
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