© INTERNEJamais le mouvement patronal n'avait connu une telle campagne électorale. Plutôt habitué à des successions par plébiscite et sans remous, le mouvement se choisit mardi matin un président par les urnes. Depuis l'abandon du tandem Francis Mer - Guillaume Sarkozy et celui de Charles Beigbeder, trois candidats restent en lice : Yvon Jacob, président de la Fédération des industries mécaniques, Hugues-Arnaud Mayer, président d'Abeil, et Laurence Parisot, présidente de l'IFOP, un des plus anciens instituts de sondage. La favorite.
Plusieurs responsables de l'organisation patronale interrogés par l'AFP ne doutaient plus à quelques jours du scrutin que le prochain patron des patrons serait une patronne. "La question est de savoir si elle l'emportera dès le premier tour et qui arrivera derrière elle", confiait un membre du conseil exécutif. "Elle est sur un boulevard", assurait un autre estimant que beaucoup des 561 grands électeurs allaient plutôt "voter contre" les autres candidats que "pour" Laurence Parisot.
Candidate du tertiaire
Adoubée par Seillière, la présidente de l'IFOP est soutenue par des grands patrons, tels que François Pinault, Claude Bébéar, Michel Pébereau et par de nombreuses fédérations professionnelles, dont plusieurs dans les services.
Si Yvon Jacob a reçu l'appui de la puissante Union des industries et des métiers de la métallurgie, longtemps "faiseuse de rois" du Medef, il n'a pas réussi à s'allier les représentants du tertiaire. Quant à Hugues-Arnaud Mayer, président du Medef Auvergne, très populaire dans les "territoires" (les Medef départementaux et régionaux, un tiers des voix), il a peiné à élargir son électorat.
Refondation du Medef
Après la présidence musclée et parfois arrogante de Seillière, de nombreux patrons appellent de leur voeux un changement d'image. D'autant que la campagne référendaire a fait éclater au grand jour un mécontentement social grandissant dont les entreprises pourraient être les premières à pâtir. Sous le baron, le souhait non dissimulé était de faire de la branche professionnelle ou mieux de l'entreprise le siège de la négociation entre employeurs et salariés. Moins d'Etat, moins de syndicats, moins de Medef, en somme.
Laurence Parisot, aux premiers jours de la campagne, n'avait pas donné l'impression de vouloir rompre avec cette ligne. Si elle est élue, sans doute devra-t-elle en partie renoncer aux projets de son prédécesseur et entamer une refondation du Medef, sur la base du dialogue. Le ton a déjà changé. Dans la Tribune, Laurence Parisot se donnait récemment pour objectif de "faire naître un nouveau contrat social, en donnant à l'accord collectif interprofessionnel une valeur identique à la loi". Davantage de Medef, davantage de syndicats, …
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