© INTERNEPour le troisième mois consécutif, le chômage a baissé en France. Cette fois, on est loin des diminutions symboliques de 0,1% enregistrées en avril et mai. Le recul annoncé par le ministère du Travail est de 1,4% en juin, soit 35.200 demandeurs d'emplois de moins. Le taux de chômage, calculé différemment, selon la méthode du Bureau international du travail, baisse de 0,1 point à 10,1% de la population active. Néanmoins, si l'on compare ces chiffres à juin 2004, le chômage reste en hausse de 0,1%, avec 2.448.900 personnes.
L'embellie de juin a profité à la quasi-totalité des catégories de chômeurs. Le chômage des jeunes a baissé de 2,6% et celui des plus de 50 ans de 0,8%. Il a reculé dans les mêmes proportions pour les femmes (-1,4%) et pour les hommes (-1,4% également). Le chômage de longue durée (demandeurs d'emploi inscrits depuis au moins un an à l'ANPE) a, lui aussi, enregistré une baisse de 0,2%. Seul le chômage de très longue durée (demandeurs d'emploi inscrits depuis au moins trois ans) affiche une hausse sensible de 1,3%.
"La route est encore longue"
En visite vendredi dans une ANPE parisienne, le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, a jugé que la baisse du chômage était "significative" mais qu'il fallait rester "prudent". "Il est vrai que c'est un mois de baisse forte, mais il faut raison garder", a dit le ministre qui a ajouté: "les chiffres ont un sens de trimestre à trimestre, sur un mois, il faut rester prudent". Il s'est félicité que cette "baisse significative" joue en particulier sur le chômage des jeunes et a vu dans ces chiffres un premier résultat de son plan de cohésion sociale. "Il faut rester modeste mais on voit bien les effets du plan", a-t-il dit, citant par exemple le succès de l'apprentissage (+ 24%) et des recrutements dans le domaine des services à la personne.
"Il y a une amélioration incontestable", a estimé vendredi Thierry Breton. "La bataille pour l'emploi est une bataille de longue haleine. La route est encore longue", a déclaré le ministre de l'Economie sur Europe Un. Malgré le recul, les jeunes restent les plus touchés par le chômage, qui concerne 23,3% des moins de 25 ans présents sur le marché du travail, alors que 9,1% des actifs âgés de 25 à 49 ans et 7,1% des plus de 50 ans sont sans emploi. Le nombre d'inscriptions enregistrées à l'ANPE au cours des trois derniers mois a augmenté de 4,8% par rapport aux trois mois précédents, totalisant 379.500 dossiers en juin.
Les entrées consécutives à une fin de contrat à durée déterminée augmentent de 3,3% et celles liées à une fin de mission d'intérim de 5,5%, tandis que les premières entrées grimpent de 9,5%, en cette fin d'année scolaire. Les entrées dues à un licenciement économique reculent de 1,5%, mais celles liées à un autre motif de licenciement progressent de 2,7%. Les sorties de l'ANPE au cours de trois derniers mois sont, elles, en hausse de 8,1% par rapport aux trois mois précédents, s'établissant à 380.400 en juin. Les sorties pour reprise d'emploi déclarée augmentent de 2,3%.
"Beaucoup reste à faire. Nous le savons tous, c'est un chemin qui est long, qui est difficile, qui demande beaucoup d'énergie, beaucoup d'efforts, beaucoup de persévérance et de détermination", a dit le Premier ministre Dominique de Villepin. "Il faut que nous allions plus vite pour soulager cette inquiétude, cette angoisse de demain", a-t-il ajouté.
Moral des ménages bas mais stable |
Le moral des ménages est stable en juillet par rapport à juin en données corrigées des variations saisonnières, avec un indicateur inchangé à -30 points, a indiqué vendredi l'Insee. L'opinion des ménages sur l'évolution de leur situation financière personnelle et leur niveau de vie évolue peu en juillet: l'indicateur enregistre une légère amélioration de leur opinion sur leur situation passée, mais en revanche une opinion plus négative sur leurs perspectives d'avenir. Leur opinion sur l'opportunité d'acheter s'améliore un peu en juillet. L'opinion des ménages sur les perspectives d'évolution du chômage s'améliore. Les Français estiment que leur capacité à épargner s'est "sensiblement améliorée". Mais les ménages "ont ressenti plus d'inflation sur la période passée et leur opinion sur l'évolution future des prix se détériore". |
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