© AFPFranck Riboud annonce, dans Les Echos de jeudi, qu'il "se battra" pour préserver l'indépendance de son groupe face aux rumeurs de rachat par l'américain PepsiCo. Rumeurs qu'il dit "prendre au sérieux". "Je ne suis pas propriétaire de Danone. Je suis garant de sa culture, et de son indépendance. Je me battrai pour cela", affirme le pdg de Danone.
"Il n'y a rien, ni de près, ni de loin, d'officiel ou d'officieux, de qui que ce soit (...). Est-ce que Danone a besoin de qui que ce soit? Je réponds non", ajoute-t-il. "Une prise de contrôle hostile risquerait de nous faire perdre notre identité, notre spécificité, notre culture!", souligne le Pdg.
"Plus qu'un fleuron"
Cette déclaration, la première du président de la société depuis le surgissement de ces spéculations, intervient au moment où le gouvernement a affirmé mercredi vouloir "défendre les intérêts de la France" sur cette question. "Un groupe comme Danone fait évidemment partie des fleurons de notre industrie", a assuré le Premier ministre.
"Danone "est plus qu'un fleuron", a estimé le ministre de la Cohésion sociale. "C'est une entreprise très importante pour l'équilibre de notre pays sur l'emploi, sur l'aménagement du territoire, sur la santé et sur l'art de vivre", a estimé Jean-Louis Borloo qui a indiqué que le gouvernement fera tout pour "s'opposer à une OPA hostile".
"La France n'est pas le Far West"
Se refusant "par principe, à commenter les rumeurs", le ministre français de l'Economie a rappelé jeudi sur RTL que "Pepsi n'avait jamais réalisé à ce jour d'OPA hostile"."Le gouvernement veillera à ce que la loi soit appliquée et à ce que l'intérêt des salariés, des actionnaires, des consommateurs soit préservé", a-t-il assuré, ajoutant que "la France n'est pas le Far-West". En cas d'OPA, "l'entreprise victime a des moyens pour se défendre", a-t-il estimé.
PepsiCo, l'un des principaux géants mondiaux de la boisson et des snacks, continue d'entretenir le mystère sur ses appétits pour Danone. "Nous appliquons une stricte politique du zéro commentaire sur les rumeurs", avait déclaré mardi la porte-parole de PepsiCo, Ellen Palmer. Mais, selon le Financial Times, le groupe américain Pepsico aurait donné un mandat à deux banques d'affaires, Morgan Stanley et UBS, pour monter un dossier de reprise du groupe agroalimentaire français Danone.
Bénéfice en baisse |
Bénéfice mais bénéfice en baisse de 36,56% pour Danone au premier semestre, qui engrange tout de même 347 millions d'euros, contre 547 millions un an plus tôt. Ce résultat comprend une provision de 200 millions d'euros liée à la cession de sa participation dans le HOD (eau en bonbonnes) aux Etats-Unis. Le chiffre d'affaires de 6,437 milliards d'euros est en hausse de 2,87%. Avant même la publication ce jeudi de ces résultats provisoires, le pdg Franck Riboud estimait qu'ils étaient "supérieurs à ce qu'on pouvait espérer, avec une croissance de plus de 6,5% du chiffre d'affaires", et annonce une revue "à la hausse" de l'objectif pour l'ensemble de 2005, "avec une croissance désormais comprise entre 6 et 7%". |
(Image d'archive LCI : Franck Riboud)
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