© TF1Un peu plus d'un mois après la fermeture précipitée du grand magasin parisien, la direction a annoncé mardi matin aux syndicats leur décision de fermer totalement le magasin pendant six ans pour réaliser des travaux de mise en conformité, contre l'avis des syndicats. Le magasin a été fermé le 15 juin "à titre conservatoire", une mesure provisoire prise en urgence. L'option d'une fermeture totale était particulièrement redoutée par les salariés, qui y voient une menace aggravée pour leur avenir. Lundi, un Comité d'entreprise (CE) extraordinaire consacré à une intervention du PDG Philippe de Beauvoir", a été convoqué pour vendredi matin. La direction a confirmé que les "mesures sociales" concernant le personnel y seront annoncées.
"On a des engagements du PDG de La Samaritaine pour que les salariés soient bien traités, c'est la moindre des choses, mais également les 600 salariés qui sont dans les entreprises extérieures, qui travaillent sur le site ou étaient des démonstrateurs", a souligné Jean-Louis Borloo au micro d'Europe 1. Bertrand Delanoë s'est voulu rassurant également en affirmant que le magasin resterait un "lieu commercial".
Les travaux qui seront menés sur l'immeuble de style Art déco, datant de 1905, pouvaient être effectués soit en trois ans, avec un magasin fermé, une option préconisée par le cabinet FT, mandaté par la direction. Soit en dix ans, avec un magasin en activité et fermé par tranches (phases), une solution prônée par les salariés et leur expert, le cabinet Alpha. La première option avait clairement la faveur de la direction tout en étant cependant ramenée de 10 à 6 ans.
Ecoeurement
"Avec une fermeture de 6 ans, un plan de sauvegarde de l'emploi sera automatiquement déclenché et des négociations vont s'ouvrir vendredi", a estimé Monique Daniel, secrétaire CFTC du Comité d'entreprise. "Nous sommes déçus, agressés, c'est l'écoeurement : pour les grands groupes la priorité, c'est de faire du profit. Les salariés, ils n'en ont cure, ce sont des salariés jetables", a dit encore la déléguée syndicale.
La CGT a demandé que soit réexaminée l'hypothèse des travaux sur une période courte, contestant qu'il soit nécessaire de mener des études "durant une durée aussi longue". Le PDG de La Samaritaine, Philippe de Beauvoir, a lui fait valoir que la fermeture complète du magasin était l'option "la meilleure du point de vue de la sécurité comme du point de vue technique".
A l'heure actuelle, environ 300 salariés sont maintenus sur le site (accueil téléphonique, sécurité, maintenance, administration), et 450 autres sont "en attente" à leur domicile, "rémunérés à 100%", a rappelé la direction. Quant aux 600 démonstrateurs employés par des concessionnaires de marque, leur sort dépend de leurs employeurs respectifs. Le ministre délégué à l'emploi Gérard Larcher a promis "une vigilance particulière" sur les conditions effectives de reclassement de chaque salarié.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





