© INTERNELes candidats intéressés à la reprise des principales sociétés d'autoroutes françaises ont officiellement déposé leurs offres lundi soir à Bercy. Le ministère de l'Economie et des Finances a fait savoir que 18 offres lui étaient parvenues. Le gouvernement avait lancé le 18 juillet un appel à candidatures pour la cession de ses participations dans Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), qu'il détient à 70%, Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France (Sanef), qu'il détient à 75%, et Autoroutes du Sud de la France (ASF), détenu à 50,3%. L'Etat devrait récupérer au moins 10 milliards d'euros qui seront affectés à son désendettement et au financement des infrastructures de transport. "Que 18 candidatures soient déposées, y compris des candidatures européennes, c'est plutôt une bonne nouvelle", s'est réjoui mardi le ministre de l'Aménagement du territoire Christian Estrosi. "Cela veut dire que le choix du gouvernement est attractif".
Le choix des lauréats devrait intervenir à l'automne. Parmi les 18 dossiers, des sociétés françaises mais aussi étrangères. Le groupe français de construction et de concessions Eiffage aurait déposer deux offres sur APRR et la Sanef tandis que Vinci, groupe français de construction et de services, et le premier concessionnaire espagnol d'autoroutes Abertis s'opposeraient sur ASF. Concernant APRR, Eiffage serait confronté à l'italien Autostrade, leurs autoroutes reliant Paris à Lyon représentant "une continuation naturelle" avec la liaison Turin-Lyon, selon la presse italienne. Quatre groupes espagnols, Abertis, Cintra, Itinere et Fomento de Construcciones y Contratas (FCC), ont confirmé leur intérêt pour les trois autoroutes françaises. Un même opérateur privé peut remettre simultanément des offres sur les trois sociétés, en hiérarchisant s'il le souhaite ses préférences, et éventuellement en consortium.
Estrosi répond aux critiques
Ces privatisations ont agité l'ensemble de la classe politique française. Le président de l'UDF, François Bayrou, a été le premier en juillet à réagir, allant jusqu'à annoncer qu'il introduirait un recours devant le Conseil d'Etat pour "excès de pouvoir" dès la parution du décret de privatisation. Après le rapporteur général du budget, Gilles Carrez (UMP), qui avait critiqué une décision "à court terme", l'ancienne ministre de l'Ecologie Roselyne Bachelot (UMP) a fustigé lundi "l'erreur stratégique" de "vendre pour 10 milliards (d'euros) une série d'actifs dont le revenu actualisé à 25 ans est estimé à quatre fois plus". Le porte-parole du PS, Julien Dray, a dénoncé un "bradage à courte vue", estimant que le lancement du processus de privatisation sous le gouvernement Jospin avait été "une erreur".
Interrogé sur les vives critiques de François Bayrou à propos de la mise en vente des sociétés d'autoroutes, Christian Estrosi s'est demandé mardi si le président de l'UDF souhaitait vraiment que le gouvernement fasse "le barreau manquant du TGV entre Toulouse et Bordeaux" ou le "tunnel de ferroutage entre Lyon et Turin". "Si M. Bayrou préfère le statu quo, que M. Bayrou continue à avoir cette attitude rétrograde. Moi, je ne regarde pas l'avenir dans le rétroviseur", a conclu le ministre.
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