Des avions contrôlés, des consommateurs mal informés

le 16 août 2005 à 16h50 , mis à jour le 17 août 2005 à 15h10

Les compagnies aériennes sont soumises à des règlements et inspections tant au niveau international que national. Pour autant, les voyageurs n'ont pas facilement accès à ces informations.

crash avion helios © DR

Du Canada au Venezuela, en passant par la Sicile et la Grèce, les accidents aériens qui se sont produits cet été reposent la question de la pertinence des contrôles des compagnies aériennes.

Créée en 1947, l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), qui compte 188 Etats membres, est à l'origine des règles internationales minimales de sécurité. La plupart des pays européens souscrivent en outre aux règles de sécurité des Autorités conjointes de l'aviation (Joint Aviation Authorities, JAA), organe associé de la Conférence européenne de l'aviation civile (CEAC). Elles portent notamment sur la certification des avions, les règles opérationnelles et les licences des pilotes.

Tant les membres de l'OACI que ceux de la JAA peuvent adapter ces normes internationales minimales à leurs propres critères nationaux, en les complétant notamment dans des domaines tels que la sécurité. Mais ils ne sont pas autorisés à les abaisser. Outre des inspections régulières des appareils stationnés sur leur sol, divers pays réalisent des contrôles inopinés pour vérifier le respect de ces règles.

Les 42 Etats membres de la CEAC sont ainsi habilités à inspecter des appareils étrangers, principalement les documents à bord, les équipements de sécurité et l'état apparent des avions. En cas d'anomalie importante, des mesures correctrices sont réclamées aux compagnies. Les rapports d'inspection, ainsi que d'éventuelles informations complémentaires (par exemple une liste de mesures prises et appliquées après un contrôle), sont regroupés dans une base de données informatisée, créée dans le cadre du Safa (Safety assessment of foreign aircraft - Evaluation de sécurité des aéronefs étrangers).

Label bleu en 2006

Par ailleurs, un "label bleu", décerné par l’Afnor aux compagnies aériennes les plus sûres, l'Afnor "devrait être opérationnel dès le début 2006", avait déclaré le ministre des Transports, Dominique Perben, dans Le Figaro du 22 juillet, en précisant qu'il s'agira d'un "label de qualité touristique". Après l'accident de la compagnie charter égyptienne Flash Airlines à Charm-el Cheikh, qui avait fait 148 victimes le 3 janvier 2004, le ministère des Transports avait proposé la mise en place dès 2005 d'un label pour les compagnies aériennes régulières et charters et la création d'une "liste bleue" des compagnies y ayant satisfait.

En outre, contrairement à son prédécesseur Gilles de Robien, Dominique Perben s'était déclaré "favorable" à l'établissement d'une liste noire des compagnies qui ne seraient pas fiables, arguant qu'un tel dispositif "fait partie des droits du consommateur".

photo : la queue de l'avion de la compagnie chypriote Helios, qui s'est écrasé dimanche près d'Athènes

le 16 août 2005 à 16:50
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14 Commentaires

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  • Nicole, le 18/08/2005 à 09h12

    Il serait important d'établir une liste concernant les charters sur lequel nous pouvons avoir une entière confiance,car voyager en avion ne va plus être une partie de plaisir.

  • Vastre, le 18/08/2005 à 04h17

    Si contrôler un avion consiste à compter les ailes, les moteurs et les roues, les passagers peuvent légitimement s'inquiéter !

  • Hamadi, le 17/08/2005 à 10h50

    Je suis tout à fait d'accord avec M. Perben il faudrait une " liste noire" des compagnies aériennes qui ne respectent pas les consignes de sécurités; cette liste devrait être accessible à tous sur tout les supports y compris multimédia.

  • PACAL, le 17/08/2005 à 09h45

    Il est scandaleux de ne pas avoir de classement concernant les compagnies aériennes par rapport aux controles, incidents, accidents, propreté, formation des personnels de bord, compétences du personnel au sol, l'aéroport par lui-même, vol de bagages, etc... Ayant travaillé 1 mois en tant qu'agent de piste il ne m'a pas fallut autant pour remarquer des problèmes très graves qui surviennent pendant le travail (choc d'un véhicule qui part sans prévenir le personnel qu'il vient de heurter l'avion merci au petit gars qui a sauver 70 personnes anonymement, perte de kérozène sur la piste, personnel dans un état proche de mars suite à des beuveries etc.... A Méditer non????

  • François, le 17/08/2005 à 09h14

    ON RECONNAIT BIEN LE COTE DEMAGOGIQUE ON VEUT ALLER DE PLUS EN PLUS VITE ON VEUT TRANSPORTER AVEC SOI SON PETIT UNIVERS SANS PRENDRE DE RISQUES SI ON ACCEPTE PAS CE COTE IL FAUT RENONCER A CE MOYEN DE TRANSPORT QUI S EST DEMOCRATISE AVEC UN TRAFIC DE PLUS EN PLUS IMPORTANT OU BIEN ON RESTE CHEZ SOI OU ON VISITE LA FRANCE QUI RESTE PLEINE DE SURPRISES

  • Olivier, le 17/08/2005 à 08h40

    Quand on paye son billet a deux balles sur internet faut pas s'immaginer qu on va voler en airbus flambant neuf...c est le jeu. Les avions ils passent les controles, mais un avion qui a 25 ans a quand meme plus de chance d'avoir une panne qu un avion neuf...

  • Benoit, le 17/08/2005 à 08h15

    Avec une moyenne de 700 morts par an dans le monde l'avion est tres sur. le probleme est que c'est tres mediatique la mort de 100-200 personnes en un coup.

  • CO, le 17/08/2005 à 00h21

    Patrick, moi aussi je raisonnais comme toi avant, mais il ne faut pas faire comme ça. Il faut faire le produit de R=risque et S=sévérité. Voiture: risque plus élevé d'accident, R=2 sur une échelle de 1 à 5 par exemple. Mais tu as des chances de t'en sortir vivant ! Donc Sévérité de l'accident S=2, par exemple. Le produit de RxS = 2x2 = 4. Avion: R=1 (risque très faible) mais sévérité maximale ! S=5, car en général on meurt à 99.99% de chance. Produit RxS = 1x5 = 5, supérieur à 4 dans le cas de la voiture. Avec cette logique, on s'aperçoit que finalement, en rapport risquexgravité, Avion est environ = à voiture, voire pire.

  • Greg, le 16/08/2005 à 20h51

    Il n'y a aucune différence entre les grandes compagnies et les Low-Cost en terme de maintenance et de sécurité. Celle-ci est entièrement du ressort de la DGAC (Direction Génénérale de l'Aviation Civile) qui attribue ou retire à chaque avion le droit de quitter le sol. La différence du prix des billets se situe dans les faux-frais des grandes compagnies: Budgets de pub énormes, énormes structures aéroportuaires, agences dans le monde entier, gigantesque masse salariale du personel au sol et en vol, plateaux-repas coûteux, vente de produits "de Luxe" à bord, redevance des meilleurs créneaux arrivée-départ dans les grands aéroports mondiaux, etc. Ce que les compagnies à bas-coût ont bien compris. Mais la sécurité est équivalente pour chaque avion, du moins en ce qui concerne l'Europe, les USA & Canada.

  • Thierry, le 16/08/2005 à 20h33

    En 2004 1 milliard de personnes ont pris l'avion dans le monde et seuls 410 décès sont à déplorer. En France plus de 8000 personne périssent chaque année sur les routes. A méditer...

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