© INTERNELa Canard enchaîné affirme mercredi que le Conseil de la concurrence a adressé une "notification de griefs" aux opérateurs télécoms français le 1er décembre 2004, sur la base d'un rapport de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) rendu en mai de la même année. Selon le rapport de la DGCCRF cité par le journal, les opérateurs "se réunissaient secrètement tous les mois depuis 1997 pour échanger des données confidentielles leur permettant 'd'adapter rapidement leur stratégie commerciale à l'évolution du marché".
La DGCCRF dénoncerait, selon le Canard, un "accord occulte sur une longue période" ayant abouti à une "très forte inertie des parts de marché". Le Conseil, qui doit rendre son verdict d'ici à la fin de l'année, peut prendre de lourdes sanctions financières.
L'association UFC-Que choisir avait déposé une plainte en février 2002 devant le Conseil de la concurrence, accusant les opérateurs de s'être accordés entre eux entre 1998 et 2002 pour fixer le mode de facturation des appels. Le patron d'Orange aurait même parlé de "Yalta des parts de marché" lors d'un comité exécutif réunissant le 28 octobre 2002 les principaux dirigeants de la société, "en présence de Thierry Breton", alors PDG de la maison mère France Telecom depuis seulement trois semaines et aujourd'hui ministre des Finances.
Avant l'arrivée de Thierry Breton
Dans son entourage, on a affirmé mardi soir que Thierry Breton n'était "concerné par cette affaire ni avant son arrivée à Bercy, alors qu'il était président de France Télécom, ni après en tant que ministre de l'Economie". "Le Conseil s'est autosaisi en 2003 et l'enquête porte sur 1997-2002 avant l'arrivée de Thierry Breton", a-t-on souligné. Bercy a souligné que le rapport de la DGCCRF avait été envoyé au Conseil de la concurrence en mai 2004, "avant l'arrivée de Thierry Breton à Bercy en mars 2005".
Un porte-parole de France Télécom a indiqué mercredi que son groupe tenait "à préciser qu'à aucun moment il n'a été mentionné ou évoqué un quelconque 'Yalta parts de marché' à l'occasion d'une réunion de son comité exécutif". SFR, filiale de Vivendi et numéro deux du marché derrière Orange, a pour sa part contesté "vigoureusement l'existence de toute entente ou d'un quelconque 'contrôle' du marché de la téléphonie mobile en France". "Les éléments dont il est fait état dans la presse sont sortis de leur contexte et SFR conteste l'interprétation qui en est faite", a-t-il poursuivi.
Bouygues Telecom conteste également et juge "absurde d'affirmer que Bouygues Telecom a pu être partie à une entente qui aurait eu pour effet de cantonner sa part de marché (17%) à un niveau très inférieur à celui des opérateurs comparables en Europe". Selon les derniers chiffres disponibles pour 2005, Orange domine toujours le secteur avec 47,3% de parts de marché, devant SFR (35,8%), et Bouygues Telecom (16,9%).
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