Enquête : les Français sont plus pessimistes qu'avant

Par A.Ga., le 20 août 2005 à 18h10 , mis à jour le 20 août 2005 à 18h18

D'après une étude publiée samedi par le ministère de l'Emploi, ils se font davantage de soucis pour l'avenir et le chômage en 2004 qu'en 2002. Principale cause : le retournement de la conjoncture économique.

population © INTERNE

Les Français se font du mouron. C'est ce que révèle l'étude de la Drees (1) publiée samedi par le ministère de l'Emploi. Cette enquête barométrique (2) vise à mieux comprendre leurs attentes à l'égard de l'Etat-providence et leurs jugements sur la protection sociale. Résultats constatés : une plus grande inquiétude face au chômage et à l'exclusion en 2004 qu'en 2002. Ainsi au "premier trimestre 2004" les Français sont "38% à se dire plus pessimistes pour eux-mêmes et leurs enfants" contre "31% en 2002".

Une situation "en lien avec le retournement de la conjoncture économique" soulignent les auteurs, Michel Forsé du CNRS et Maxime Parodi de l'OFCE. Et d'ajouter que "cette montée du pessimisme est d'abord due aux personnes d'âge actif, les 18-24 ans et les plus de 65 ans étant au contraire moins inquiets."

L'Europe perd du grade

Et au rang des préoccupations, le chômage est devenu roi. C'est un problème devant passer avant toute chose pour 39% des Français en 2004 contre 29% des Français en 2002. Cette même année, la position de numéro 1 au rang des problèmes sociaux à régler était l'insécurité. Dans le domaine de l'exclusion et de la pauvreté, "41%" des Français contre "35% en 2002" se déclarent "tout à fait d'accord" pour affirmer que les "licenciements pratiqués par les entreprises" en sont la première cause.

Autres préoccupations : les problèmes liées à l'environnement et aux guerres dans le monde, mais aussi le financement de la protection sociale. Ce "pessimisme" s'étend aussi à "l'état de santé des Français" puisque parmi les personnes interrogées "31%" estiment que cet état "s'est dégradé" contre "26% en 2002". Enfin, l'Europe n'apparaît plus à la majorité des Français comme une solution aux problèmes de la protection sociale. 47% en 2004 contre 57% en 2002 se disaient convaincus que l'Europe est 'une bonne' ou une 'très bonne' chose pour résoudre ce problème."

(1) Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques

(2) Cette enquête a été menée entre le 8 mars et le 18 avril 2004 sur un échantillon représentatif de 4.000 personnes âgées de 18 ans et plus.

Par A.Ga. le 20 août 2005 à 18:10
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31 Commentaires

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  • Patrice, le 21/08/2005 à 22h07

    Comment les gens peuvent-ils être optimistes ? Aucun gouvernement n'a osé faire les réformes qui s'imposent : faire peser les cotisations sociales sur toutes les formes de revenu (immobilier, financier,...)ainsi que sur les importations et non pas seulement sur le travail, augmenter sensiblement le SMIC afin de motiver davantage les chômeurs à chercher du travail, et surtout faire ce qu'il faut pour changer cette mentalité qui tend à considérer les fonctionnaires comme des privilégiés. Les privilégiés sont tous ceux qui gagnent beaucoup d'argent en travaillant peu, comme les Dassault, Lagardère et beaucoup d'élus. Et surtout une vraie mesure libérale : taxer davantage les héritages.

  • Saint-marc, le 21/08/2005 à 21h44

    La France ne fait que commencer à se rendre compte qu'il ne fallait pas nager à contre- courant la mondialisation mais avec. Avec un béret et la baguette, il est difficile de ramer.On va rattraper la Corée du nord.

  • Alain, le 21/08/2005 à 19h39

    Cette enquête est-elle bien datée de Avril 2004, c'est à dire voici 18 mois? Peut-on en extrapoler la situation d'aujourd'hui? Y-a-t-il eu un effet amplificateur? Je trouve aussi bizarre le résultat sur l'Europe. En début 2004, le sentiment européen n'etait-il pas majoritaire?

  • Truc, le 21/08/2005 à 19h29

    La solution , c'est déplafonner la sécu (plus juste que l'on paie en focntion de son salire), baisser la cotisation des et charge des bas salaires (d'ou augmenation de leurs pouvoirs d'achat), baisser les charge social de 50% pour les petites et moyennes entreprises , pas de passe droit ou de reduction de charge sociale pour les grosses entreprises (quelles payent comme les autres), prélévement de l'impot à la source , faire que le smic soit non imposable et supprimer le rmi pour obliger les gens à travailler (le rmi est souvent plus interressant que de toucher le smic qui supprime les aides) Taxer les entreprises qui investissent hors de l'europe , reduire au contraire les impots de celle qui investissent et favorise l'emploi . Pas de CDD de 2 ans (loi bidon) . Et pour finir changer de gouvernement , refonte total , gouvernement obligatoirement 1/3 gauche,1/3 centre ,1/3 droite .

  • Odile S, le 21/08/2005 à 19h02

    Un peu facile de faire porter aux "français" le poids des erreurs répétitives d'une classe politique exhangue, discréditée, arc-boutée à ses privilèges néo-monarchiques. Le bon peuple de France est bien plus conscient de la situation, que ses dirigeants, murés dans leurs avantages indignes, leurs murailles parisiennes (ou parisianistes?) qui ne pensent qu'à protéger leur confort égoiste. C'est ainsi qu'on a provoqué une Révolution, en faut-il une autre pour enfin avoir des représentants du Peuple qui ne trahissent pas ses mandants dès les urnes vidées?? Lisez donc "L'avenir de la liberté" de Fareed Zackaria, superbe successeur de Tocqueville. Notre pays se meurt lentement d'une petite caste de privilégiés : que le moral soit en berne prouve que personne en France n'est dupe. Ce pays est riche de tant de potentialités. Mais se meurt de quelques radins agrippés au pouvoir. Durs seront les lendemains.... Car il devient inéluctable qu'une crise approche, comme le volcan qui gronde et qu'il est plus facile de ne pas entendre.

  • Rodolphe, le 21/08/2005 à 16h35

    Je regrette profondément que quel que soit le gouvernement, ne prenne pas les véritables mesures qui faut pour réformer en profondeur le conformisme et les privilèges octroyer aussi bien aux fonctionnaires qu'aux autres. La croissance ne peut venir que du peuple. C'est comme dans une entreprise, on peut avoir le meilleur management du monde mais si les salariés de cette entreprise ne travaillent pas assez, n'adhèrent à la politique de l'entreprise et manquent de motivation en tout, l'entreprise restera à la traîne par rapport aux autres entreprises concurrentes. C'est un peu qui se passe pour la France, tant que les Français ne retrousseront les manches et arrêteront de penser qu'à leurs privilèges, la France ne s'en sortira pas par rapport aux autres pays. C'est mon analyse et j'envisage de partir pendant quelques temps en Irlande.

  • Vengeur Masqué, le 21/08/2005 à 14h45

    Pour lutter contre le chômage, il faudrait assouplir le droit du travail (rassurer les employeurs), baisser les charges sociales (faciliter l'embauche), baisser les allocations chômage (encourager les chômeurs à se remettre au boulot) et cesser d'écouter les syndicats qui ne représentent personne à part eux-mêmes. Problème : les Français ne sont pas près à accepter la politique qu'ils voudraient que les dirigeants appliquent. Tout le monde veut des réformes mais quand il faut les faire... y'a plus personne.

  • Caphi, le 21/08/2005 à 14h20

    LA FRANCE SE NUIT (pour paraphraser l'article de mars 68 de Pierre-Viansson Ponté "La France s'ennuit", annonciateur de Mai 68) Cette enquête du ministère de l'Emploi date de ...mars-avril 2004. Pourquoi vient-elle seulement d'être rendue publique. Etonnant, non ? A lire les remarques, les études de toutes sortes, je ressens une forte lassitude de nos compatriotes devant une situation qui dure depuis trop longtemps. Le fait que ce soit les jeunes - près d'un quart au chômage - qui sont les plus pessimistes n'est pas des plus rassurants (lire l'enquête récente du journal Le Monde) Plus de 200 ans après la révolution française qui a aboli les privilèges de la monarchie, d'autres inégalités se font jour. Mais à présent, on ne peut plus s'en prendre à un roi mais au comportement de chacun d'entre nous, dans la famille, à l'école, dans les entreprises et bien sûr chez certains politiques. La France est le rare pays où les hommes au pouvoir l'était déjà il y a 20 ans. Il serait temps de faire notre révolution culturelle. Sans couper des têtes mais en les changeant. Bien à vous. caphi

  • Bruno, le 21/08/2005 à 13h23

    Selon les commentaires ci-dessous, le politique a tous les torts... Desole, mais il a ete choisi par les Francais. Les memes qui refusent toute reforme, qui ne veulent pas travailler, qui campent sur des acquis de 50 ans... J'ai quitte le France pour ca. Je veux travailler et profiter de *mon* travail (comprendre: avoir un bon salaire). Et tout le monde ici pense de meme, un metro, ou un escalator, ca marche *tous* les jours (et ca se repare la nuit - les parisiens comprendrons).

  • Pat, le 21/08/2005 à 12h57

    La principale cause est extremement simple: l'ennui, la planitude, le communisme. En France, la vie est moins dure qu'ailleurs, donc il ya moins de challenge. Non seulement elle est moins dur, mais surtout il nya pas moyen de reussir sa vie sans etre harceler de critique en tout genre! Les arrs qui reussisent se font lynches par les medias! Il nya donc aucune ambition possible, aucune liberte, dans une telle politique de regulation de l'etat. Ca peut paraire contradictoire, mais plus de social = plus de monotonie = plus de pessimisme. Bref on est des asssistes, des enfants gates et capricieux, jamais satisfaits.

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