
Le paquet bleu à coulisses ne sera plus produit en France. L'usine de cigarettes Altadis à Lille a définitivement fermé ses portes mercredi. Les mythiques "brunes" Gitanes et Gauloises ont quitté la France pour Alicante en Espagne. Cette fermeture signifie le licenciement des derniers salariés qui continuaient à pointer à l'usine, la plupart sans y avoir le moindre travail.
Après l'annonce de la fermeture en juillet 2003, la production a lentement décrû jusqu'à son arrêt en janvier. Il y a deux ans, 541 personnes y étaient employées. Après les mesures d'âge, les mutations internes et les solutions en externe, un reclassement reste à trouver pour une cinquantaine d'entre elles. La sénatrice communiste du Nord Michelle Demessine, a dénoncé le comportement "entre 2003 et 2004, (de) douze membres du conseil de direction d'Altadis (qui) se sont accordé une augmentation de 77%, portant ainsi leurs rémunérations annuelles de 5,4 millions d'euros à 9,6 millions d'euros".
Bénéfices
La maire PS de Lille Martine Aubry a qualifié de "véritable scandale" la fermeture de "la plus ancienne entreprise industrielle de Lille et l'une des plus modernes", alors que "les résultats financiers du groupe ont encore augmenté de 41% entre 2003 et 2004". Le groupe Altadis a annoncé mercredi avoir dégagé au premier semestre 2005 un bénéfice net en hausse de 2,9% par rapport au premier semestre 2004.
L'usine lilloise, qui avait profité de la fermeture d'autres sites pour devenir le deuxième plus grand site du cigarettier franco-espagnol, avait embauché ces dernières années de nombreux jeunes : près de 150 de 2001 à 2003, selon les syndicats. Après l'annonce de la fermeture, les syndicats s'étaient attachés à démontrer qu'elle n'avait pas de justification économique. En vain. La fin de la dernière grande usine de Lille laisse vacant un site de plusieurs hectares dont l'avenir n'a pas encore été décidé.
Photo : le chanteur Serge Gainsbourg, toujours une Gauloise à la main.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




