
Ils ont obtenu gain de cause. Treize ouvriers polonais, employés aux Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire par un sous-traitant polonais défaillant ont obtenu le paiement de leur deux mois d'arriérés de salaires, après une grève de la faim de près d'une semaine. "Ils ont obtenu le paiement des sommes dues, 30.000 euros, qui vont être versées dans le courant de la soirée", a assuré André Fadda de la CGT à Saint-Nazaire, en Loire-atlantique.
La société française Gestal, prestataire des Chantiers de l'Atlantique (Alstom Marine), va avancer les deux mois d'arriérés de salaires dus par son sous-traitant polonais Kliper aux ouvriers, a précisé Patrick Allaire, directeur général de la société. Le numéro deux de cette entreprise a justifié ce geste par des "raisons humanitaires". Une procédure va être entamé par Gestal contre Kliper pour récupérer les sommes dues, a-t-il précisé.
Grève de la soif
Trois de ces ouvriers avaient radicalisé mardi leur mouvement en cessant de boire. Tous se disaient abandonnés "des pouvoirs publics, français et polonais" avant que le conflit ne trouve une issue. "L'Etat a obligé Gestal à payer", a pour sa part affirmé le syndicaliste, faisant allusion à la Préfecture, intervenue pour tenter de dénouer le conflit. Les salaires devaient être versés dans la soirée en présence du consul général de Pologne et de représentants de l'Etat français, selon M. Fadda.
Le parquet polonais de Szczecin, où se trouve le siège de Kliper, avait ouvert mercredi une enquête sur la violation présumée des droits de ces ouvriers. Ces derniers se sont en revanche vu refuser "la continuité de leur contrat" de travail, a ajouté M. Fadda. "Ils vont rentrer dans les prochains jours en Pologne", a précisé le syndicaliste.
Les treize électriciens étaient venus en France pour travailler sur le Musica, un paquebot construit pour l'armateur italien MSC. Mais depuis plus de deux mois, les salaires - environ 1.200 euros mensuels - n'avaient pas été versés. Sans parler des heures supplémentaires, nombreuses selon eux.
Au lendemain de leur arrêt de travail, le 21 juillet Gestal leur avait directement versé les salaires du 1er au 20 juillet. Mais les sommes dues restaient importantes. Les électriciens polonais avaient opté vendredi pour une grève de la faim.
Photo d'ouverture : les grévistes de la faim recevant la visite du consul de Pologne - DR
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