Des salariés à l'avenir raccourci ?

le 02 août 2005 à 16h46 , mis à jour le 03 août 2005 à 10h04

Alors que le contrat nouvelle embauche entre en vigueur jeudi, des chercheurs ont décrit le cercle vicieux des travailleurs pauvres et de leur difficulté à financer leur projet : habitation, consommation...

foule emploi stress © INTERNE

Une étude qualitative menée en Ile-de-France par quatre chercheurs de l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires) arrive à point nommé pour les opposants au Contrat nouvelles embauches (CNE), une des mesures phares du dispositif bâti par Dominique de Villepin pour faire reculer le chômage. Ce contrat va offrir, à partir de jeudi, la possibilité aux entreprises de moins de 20 salariés de licencier un collaborateur, durant une période de deux ans, sans avoir à justifier leur décision.

L'Ires souligne qu'avec souvent des "statuts peu assurés n'offrant que de faibles garanties" (statuts précaires : intérim, CDD, piges), ces travailleurs se trouvent confrontés à "diverses difficultés sociales qui se cumulent et interagissent", pesant par exemple sur l'accès à un logement ou l'obtention d'un prêt. Ces "travailleurs pauvres" apparaissent "aux bailleurs comme des 'personnes à risque' si bien qu'ils sont souvent contraints de se loger dans le parc privé dégradé, les hôtels meublés ou les Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS)", explique l'Ires.

"Vivre sereinement"

L'équipe de chercheurs relève que ces travailleurs précaires ont ainsi affaire à des interlocuteurs (bailleurs, organismes bancaires etc.) "gagnés par une exigence d'assurances (CDI, niveau de revenus) que ces personnes sont rarement en mesure d'offrir". Ces salariés se trouvent alors pris dans un "cercle vicieux" générateur de pauvreté qui complique l'accès à l'emploi et celui à un logement "stable".

Cette analyse rejoint celle des syndicats dans leur critique du contrat nouvelles embauches qui risque d'entraîner, selon FO, une "explosion du contentieux, de la déréglementation et de la précarité". De même, la CFTC estime que le CNE risque d'empêcher les salariés de "se projeter dans l'avenir, de trouver un logement, de contracter un prêt bancaire, de fonder une famille, de vivre sereinement".

Les banques appelées à s'adapter

L'association française des usagers des banques (AFUB) a appelé mardi les banques à adapter leurs critères d'octroi de crédits pour éviter que les bénéficiaires du contrat nouvelles embauches, mesure phare du plan pour l'emploi du gouvernement, ne se voient refuser l'accès au crédit. L'association craint en effet que les bénéficiaires des contrats nouvelles embauches (CNE) se "voient refuser l'accès au crédit par des établissements toujours frileux" alors que le taux de non-recouvrement en France "est le plus faible d'Europe".

le 02 août 2005 à 16:46
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