© TF1Le 15 juin dernier, la Samaritaine, dont le bâtiment principal est inscrit à l'inventaire des Monuments historiques, fermait ses portes au public, six jours après l'annonce de la fermeture "pour raison de sécurité" par son PDG, Philippe de Beauvoir. Le 22 juillet, la direction annonçait la fermeture du magasin vétuste pour six ans de travaux, provoquant un tollé au sein des quelque 1.400 salariés et contractuels qui réclamaient des travaux par étapes pour préserver leurs emplois. Le 29, elle assurait que les contrats de travail et salaires des 634 employés du magasin étaient maintenus... jusqu'à fin octobre 2006. Autant de batailles perdues pour les salariés et syndicats du magasin qui n'ont rien pu empêcher. Mais après avoir assisté impuissante à cette fermeture annoncée, la CFTC a annoncé lundi avoir engagé deux actions en justice pour "irrégularités" de procédure et pour "entrave au fonctionnement régulier du Comité d'entreprise" contre la direction.
La fédération services, commerce, force de vente (CSFV) de la CFTC a assigné la direction de la Samaritaine en référé pour notamment "entrave au fonctionnement régulier du Comité d'entreprise" devant le Tribunal de grande instance de Paris ; l'audience se tiendra le 30 août à 11H, a affirmé la CFTC, majoritaire. Le syndicat attaque également la direction pour "mise en danger et risques causés à autrui pour non respect des obligations en matière de sécurité et prudence". Sur ce point, "la date de l'audience n'a pas encore été fixée mais devrait intervenir dans la 2ème quinzaine de septembre", a précisé Albert Hamoui, secrétaire de la CFTC-commerce.
"Une absence ou une parodie d'information"
Premier angle d'attaque : le défaut d'information du Comité d'entreprise. Cette action au plan civil est "motivée par un grand nombre d'irrégularités ayant entaché la réunion extraordinaire du CE de La Samaritaine du 22 juillet dernier", souligne le syndicat. "Parmi ces irrégularités, il convient de relever notamment une absence ou une parodie d'information et de consultation du CE, un ordre du jour lapidaire et volontairement imprécis (...) et la distribution inattendue en fin de séance d'un document annonçant prématurément un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE)", dénonce le syndicat.
Deuxième angle d'attaque : la sécurité. Selon la fédération, La Samaritaine "a manqué à son obligation d'information des instances représentatives du personnel sur les 'graves anomalies' notifiées (à la direction) en janvier 2005 par la commission de sécurité de la Préfecture de police" de Paris. Le préfet de police de Paris, Pierre Mutz, avait indiqué le 20 juin que la Samaritaine était "soumise à contrôles tous les deux ans" et qu'en janvier y avaient été décelées "11 anomalies graves". La CFTC a également fustigé "l'attitude de La Samaritaine qui s'est abstenue de recueillir l'avis des représentants du personnel avant de décider brutalement et sans concertation la fermeture du magasin à titre conservatoire, le 15 juin 2005."
Photo d'ouverture : archives
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