Le travail est précaire, la santé ou l'amour aussi

Par , le 30 août 2005 à 10h40 , mis à jour le 30 août 2005 à 11h47

La nouvelle présidente du Medef fait ses premières armes à l'occasion de l'université d'été du mouvement à Jouy-en-Josas et en profite pour délivrer son message. Travailler davantage, accepter la précarité, inhérente à la vie et remettre la politesse au goût du jour.

Medef Laurence Parisot université été 2005 © DR

L’université d’été du Medef qui a débuté lundi à Jouy-en-Josas est l’occasion pour sa nouvelle présidente de se faire connaître et d’imprimer sa patte. Celle qui a succédé à Ernest-Antoine Seillière avait été jusqu’à présent assez discrète. Son style discret tranche résolument avec le panache du baron. La « patronne des patrons » l’affirme dans un entretien au Figaro de mardi, elle veut « réhabiliter la bienveillance, la politesse, la courtoisie, la générosité, le respect, le pragmatisme ». Et avant tout, apaiser les esprits. Avant de rencontrer l’ensemble des organisations syndicales très remontées à l’orée de cette rentrée, Laurence Parisot souhaite « rétablir un peu de confiance, des relations plus normales, un peu moins de tension ».

Sur le fond aussi, elle invoque le pragmatisme. A propos du contrat nouvelle embauche qui suscite de vives polémiques du côté syndical, la présidente de l'Ifop estime que la précarité induite par ce nouveau type de contrat de travail est inhérente à la vie elle-même : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? ». Laurence Parisot invite à évaluer les effets de cette mesure dans quelques mois mais affirme avoir rencontré beaucoup de chefs d’entreprises très intéressés par ce dispositif.

"Travailler plus"

Face à la mondialisation et à la concurrence de pays comme la Chine, la présidente du Medef va « proposer que soit créé un observatoire national des métiers » afin d’être « plus rapide dans l’appréhension des évolutions pour mieux prévoir et organiser les formations ». Et d’ajouter « le seul moteur possible de la croissance, c’est que la France travaille plus ». La présidente du mouvement patronal souhaite donc renforcer l’écart entre les revenus du travail et les aides sociales en augmentant la prime pour l’emploi.

Sur le dossier fiscal, la présidente du Medef souhaite une clarification et une « fiscalité qui ne pénalise pas le travail et l’investissement ». Interrogée sur la montée d’un patriotisme industriel qui viserait à protéger les fleurons français de prédateurs étrangers, la présidente estime qu’il faut être cohérent. « On ne peut pas se féliciter que nos entreprises fassent des conquêtes à l’étranger et refuser la réciprocité ». Laurence Parisot en profite pour réclamer à nouveau la possibilité de créer des fonds de pension français, seul moyen de combattre à armes égales et de doter les entreprises « de fonds propres plus solides ».

Photo : Université d'été du Medef lundi à Jouy-en-Josas.

Par Sophie Lutrand le 30 août 2005 à 10:40
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