© LCI"M. Bayrou et moi, on n'a pas les mêmes bijoux de famille". Le ministre de l'Economie ne manque pas d'humour pour répondre au patron de l'UDF qui accuse le gouvernement de vouloir brader les bijoux de famille en vendant les autoroutes. Sur le fond, Thierry Breton a insisté sur le fait que le gouvernement n'entendait pas privatiser les autoroutes elles-mêmes, mais "simplement la concession du service". "Ce n'est pas le macadam qu'on va privatiser et qui va se délocaliser, c'est uniquement le service, le meilleur service au monde que l'on doit apporter aux usagers français des autoroutes, voilà ce que l'on veut", a-t-il dit.
M. Breton a souligné que la stratégie du gouvernement consistait à renoncer à une "gestion un peu pépère, de père de famille" afin de privatiser le service, recueillir ces sommes "pour les réinvestir immédiatement dans l'avenir, pour les réinvestir dans l'infrastructure, dans l'économie". Ou dans la réduction de la dette : "je rappelle quand même qu'on est aujourd'hui à plus de 60% de dette (par rapport au PIB)", a rappelé le ministre.
Décision à l'automne
Mais le patron de l'UDF n'est pas le seul à contester la privatisation des sociétés d'autoroute. Le député PS des Landes Henri Emmanuelli a estimé lundi que "le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale doit saisir sa commission d'une mission d'information et d'évaluation. Il doit aussi, il en a les moyens, faire pratiquer un audit sur l'évaluation financière faite par le ministère de Finances", a ajouté le député. Julien Dray, porte-parole du PS, a lui qualifié ce plan de "bradage à courte vue".
Le 18 juillet, le ministère de l'Economie avait lancé un appel à candidatures, avec remise des offres le 22 août, pour vendre ses participations dans les Autoroutes du Sud de la France (ASF), la Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France (Sanef) et Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR). La désignation définitive des lauréats est prévue pour l'automne. Dans une lettre adressée aux députés, Dominique de Villepin a assuré lundi qu'il était "évidemment prêt à rendre compte de la procédure devant la représentation parlementaire à l'automne" - procédure qui, assure-t-il, "sera conduite dans le strict respect de la loi de 1986 (sur les privatisations NDLR), dans la transparence et l'équité".
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