Le Landwind de Jiangling lors des crash tests de l'ADAC (DR) © ADAC / DRMauvaise nouvelle pour Peter Bijvelds. Ce garagiste et conducteur de rallye installé dans le sud des Pays-Bas peut se targuer d'être le premier importateur en Europe d'une voiture chinoise, un 4X4 fabriqué en Chine. Vendu entre 15.000 et 20.000 euros, soit deux fois moins cher que ses concurrents, le Landwind était bien parti pour se tailler une belle part de marché. C'était sans compter avec les tests des associations d'automobilistes en Allemagne et aux Pays-Bas, les deux pays où sont vendus les engins. Verdict : selon les experts néerlandais de l'ANWB, le conducteur du tout-terrain ne survivrait pas à un accident à plus de 64 km/h. "A 50 km/h, le chauffeur aurait des chances d'en réchapper mais au prix de graves blessures à la tête", abondent les Allemands de l'ADAC.
Pour l'ANWB, le résultat de 13 points sur 37 est "le plus mauvais en vingt ans de crash tests". "Tellement mauvais que le modèle ne devrait pas être commercialisé sur le marché européen". Les ceintures de sécurité, l'airbag et la direction ne répondraient pas aux normes minimales de sécurité européennes. "En cas de choc frontal, le volant remonte vers le plafond en heurtant au passage la tête du conducteur", relève le rapport des experts. A les en croire, une collision latérale ne laisserait guère plus de chance à l'occupant. "Admettre une nouvelle voiture avec le niveau technique d'il y a plus de 30 ans anéantirait tout effort dans le domaine de la sécurité routière et de l'environnement", estiment les experts néerlandais, définitifs.
"Nous avons passé les tests automobiles chinois"
Il semble que les concepteurs du Landwind n'aient pas remédié aux faiblesses que présentait - à un degré bien moindre - l'Opel Frontera, versions 1992 et suivantes, dont ils semblent pourtant s'être fortement inspirés. En 2002, l'EuroNCAP attribuait trois étoiles à ce 4X4 mais soulignait que le conducteur y était mal protégé, notamment au niveau de la poitrine. En revanche, pour les chocs latéraux, le Frontera, qui n'est plus commercialisé aujourd'hui, protégeait bien mieux ses occupants que le Landwind. Et il n'avait pas d'airbag...
Jiangling, le constructeur chinois de la Landwind, a assuré mercredi que son 4X4 était "sûr". "Nous avons passé les tests automobiles chinois", a déclaré un porte-parole de la société, tout en refusant de faire de plus amples commentaires. Sur son site internet, le fabricant souligne que ni lui, ni son importateur européen - qui n'a pas souhaité répondre dans l'immédiat - n'ont été invités aux tests. En Belgique, l'importateur Cardoen a d'ores et déjà décidé de renoncer à vendre la voiture. Rien n'interdit à Peter Bijvelds de continuer à vendre le tout-terrain. Le jeune patron a un contrat exclusif pour cinq années dans 27 pays européens. Il aurait déjà trouvé acheteur pour 350 véhicules et espère en vendre 1500 d'ici la fin de l'année.
Discrédit "injuste"
Malgré les mauvais résultats aux tests, beaucoup d'acheteurs pourraient se laisser séduire, outre le prix, par la belle allure du 4X4, avec son fier pare-chocs et ses larges jantes en aluminium. Sans compter une garantie de deux ans offerte par l'importateur. Dans une interview accordée au Parisien fin août, Peter Bijvelds indiquait vouloir ouvrir une cinquantaine de points de vente en France. Les premiers dès cette année.
Jiangling n'est pas le seul, ni le plus important, des constructeurs chinois à zieuter le marché français. "Les constructeurs chinois sont entrés dans une sorte de défi à celui qui vendra le premier ses voitures en France", témoigne le mandataire français, Jean-Michel Sueur (notre encadré). Les malheurs du Landwind et la précipitation de certains autres fabricants risquent de jeter le discrédit sur les voitures chinoises. "Injustement", estiment plusieurs experts interrogés par tf1.fr.
Lifan, première chinoise en France ? |
Lifan. Le nom est encore inconnu en France. Ce pourrait être le premier constructeur chinois à commercialiser ses modèles dans l'Hexagone. Jean-Michel Sueur, qui s'était fait connaître en vendant la Logan avant son lancement par Renault, a révélé à tf1.fr qu'il avait des "contacts avancés avec le constructeur chinois Lifan pour vendre sa gamme d'automobiles". Le mandataire automobile de Téteghem près de Dunkerque pourrait proposer "au plus tôt en 2006" trois quatre modèles de 5000 à 20.000 euros. "Il faut encore finaliser le projet, notamment trouver un réseau de vente et mettre en place une logistique", a précisé le patron. |
A voir :
- les images et les vidéos du crash test de l'ADAC (clic ici) et de l'ANWB (clic ici)
- le site de l'importateur du Landwind, en cliquant ici
(Image ADAC/ANWB/DR : le Landwind lors du crash test)
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