© AFP/LIONEL BONAVENTUREPlusieurs centaines d'anciens salariés de l'usine AZF de Toulouse et leurs familles ont commémoré mercredi l'explosion du 21 septembre 2001 sur le site désaffecté, à l'écart comme chaque année des associations de sinistrés réunis en ville sur le rond-point dédié aux 30 morts et aux milliers de blessés de la catastrophe.
Deux manifestations différentes pour deux souffrances qui ne parviennent pas à s'accorder, celle des sinistrés qui pour la plupart voient en Total, propriétaire de l'usine chimique, le responsable d'un "crime industriel", et celle des anciens salariés qui récusent les accusations de "négligences" valant à trois salariés d'AZF, dont le directeur de l'usine, d'être mis en examen pour homicides involontaires.
10h17
300 personnes environ, selon les chiffres de la police, se sont réunies vers 10h00 sur le rond-point du 21-septembre pour des dépôts de gerbes des associations et des collectivités en présence des élus et du préfet. Un moment de recueillement et une minute de silence ont été respectées à 10h17, heure de l'explosion, avant une série de prises de parole des associations pour rendre hommage aux morts et souligner la souffrance persistante de nombreux survivants.
De leur côté, les anciens salariés d'AZF, qui ont perdu sur le site 10 des leurs sur 470 salariés et 11 camarades d'entreprises sous-traitantes, se sont recueillis entre eux à l'intérieur de l'enceinte de l'usine aujourd'hui rasée, à l'appel de leur association "Mémoire et Solidarité" comptant 600 membres.
"La vérité"
Quatre ans après le drame, les revendications exprimées par les uns et les autres restent forts éloignées. Au rond-point du 21-septembre, plusieurs associations ont de nouveau réclamé la mise en examen de Total en tant que personne morale et ont appelé les collectivités territoriales à se porter partie civile.
Du côté des salariés, qui eux aussi "exigent la vérité", le porte-parole de "Mémoire et solidarité", Jacques Mignard, a estimé dans une allocution transmise à l'AFP, que "la responsabilité de trois collègues est avancée sans preuves" et que "certaines pistes extérieures à l'usine sont systématiquement ignorées".
A l'issue de leur rassemblement, vers 11h00, il a appelé à une manifestation "dans le calme et la fermeté" devant le Capitole jeudi, jour prévu par la chambre de l'instruction de la cour d'appel pour trancher sur le non-lieu accordé par le juge d'instruction à l'un des trois mis en examen, le contremaître Georges Paillas.
(D'après AFP)
(PHOTO AFP/LIONEL BONAVENTURE)
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