HP : Chirac a saisi la Commission européenne

le 21 septembre 2005 à 08h46 , mis à jour le 21 septembre 2005 à 15h37

Le président de la République a demandé à ses ministres concernés de saisir la Commission européenne, laquelle s'est déclarée mercredi incompétente. Le groupe informatique américain compte supprimer 6.000 emplois en Europe dont 1.240 en France.

HP Hewlett Packard © DR

La France, sur décision de Jacques Chirac, a saisi Bruxelles du dossier Hewlett-Packard, les syndicats ne perdant pas espoir d'obtenir de la direction du groupe américain un allègement du plan européen de 6.000 suppressions d'emplois, dont 1.240 dans l'hexagone. "Compte tenu de la portée de ce plan partout en Europe", le président de la République "a demandé au gouvernement de saisir la Commission européenne", lors de la deuxième réunion du Conseil restreint sur l'emploi, créé fin juillet.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a confirmé mercredi avoir reçu une demande de la France pour "analyser" le plan social chez Hewlett Packard. "Nous sommes conscients des conséquences dramatiques pour les gens qui sont atteints par ces licenciements collectifs", a-t-il ajouté. Mais "il n'est pas dans la compétence de la Commission d'empêcher une entreprise de licencier, c'est la responsabilité des autorités nationales", a-t-il immédiatement ajouté.

Le ministre de l'Emploi rencontre les syndicats

La France est proportionnellement la plus touchée par les 6.000 suppressions d'emplois prévues d'ici 2008, avec la disparition de plus du quart des 4.800 postes que compte le groupe dans l'hexagone. "Sur la question de l'annonce de réductions d'effectifs au sein du groupe Hewlett-Packard", Jacques Chirac "a demandé au gouvernement de poursuivre tous les efforts engagés pour y répondre".

Le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, qui reçoit mercredi l'intersyndicale à 16H30 à Paris, avait déploré vendredi "le caractère brutal et non préparé des annonces" des suppressions de postes, à l'issue de sa rencontre avec le PDG de HP en France, Patrick Starck. De leur côté, les syndicats gardent l'espoir que les coupes dans les effectifs soient réduites. Ils attendent du gouvernement qu'il maintienne la pression sur la direction du groupe, défende les qualités de la France (innovation, invention) et fasse du "lobbying" auprès de la direction HP en Europe, déclare Christophe Hagenmuller, élu CFE-CGC au comité d'entreprise européen. "On est convaincu que les choses vont bouger et que l'on va réussir à faire baisser ce chiffre astronomique et inacceptable" de suppressions d'emplois, confie le syndicaliste. Le comité de groupe prévu vendredi a été reporté, "vraisemblablement de quelques jours", ce qui est "bon signe", a estimé pour sa part le secrétaire CFTC du comité de groupe, Fabrice Breton, au nom de l'intersyndicale.

Pas d'engagements de HP

La mairie de Grenoble, où est implanté un important site d'HP (2.100 salariés), a elle aussi évoqué la possibilité d'une révision à la baisse des coupes d'HP dans ses effectifs en France, après qu'une délégation conduite par le maire PS, Michel Destot, eut été reçue lundi par deux responsables du groupe informatique à Palo Alto en Californie. La mairie affirme que les deux parties sont convenues de poursuivre les négociations "dans les semaines à venir avec les représentants des salariés et les directions nationales et locales, susceptibles d'infléchir l'ampleur des annonces connues à ce jour". Du côté de HP, on indique qu'"absolument aucun engagement" n'a été exprimé concernant la réduction du nombre de suppression d'emplois. La direction du groupe américain souligne que le chiffre de 1.240 suppressions d'emplois chez HP France avait déjà été prévu lorsque le géant informatique avait annoncé le 19 juillet dernier son vaste plan de restructuration prévoyant 14.500 départs dans le monde, soit 10 de ses effectifs mondiaux. Hewlett-Packard a réalisé un chiffre d'affaires de près de 80 milliards de dollars lors de l'exercice 2003/2004 pour un bénéfice net de 3,5 mds USD.

le 21 septembre 2005 à 08:46
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28 Commentaires

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  • Vastre, le 21/09/2005 à 18h32

    Le Président Chirac a-t-il compris à quoi sert l'Europe ? Ce n'est pas un organisme sur lequel on se défausse. Ni un partenaire à qui on refile la patate chaude.

  • Grego, le 21/09/2005 à 18h29

    Oui mais s?il y faut "bouder" les produits HP, il y aura d'autres licenciements! Moi je ne vois qu'une chose, depuis le passage à la nouvelle monnaie, c'est une véritable hécatombe, les entreprises se délocalisent a l'Est (pour 300? là-bas tu bosses!!!) Les prix flambent (de plus de 22% depuis 2004)Le pouvoir d'achat par conséquent baisse, normal, logique! Faut pas paniquer ! 7 millions de précaires (chômeurs, smicard, Intérimaires, RMI, RMA etc. etc ?et plus sa va et plus y en a ?) Non il faut travailler 45h par semaine, mais attention sans un plus sur votre salaire!!! Parce que le patron, comment il fera pour venir ramasser les bénéfices ! en vélo ? Je sais de quoi je parle... Sérieusement, il faut continuer a bâtir cette nouvelle Europe et continuer a ce dire que sa ira mieux demain, que depuis 5 ans (environ) c'est un cauchemar, que sa va passer, et que si sa continue demain et après demain aussi, c?est pas grave sa passera?. C?est comme ce qui ce passe en Allemagne ou tout le monde n?est pas content du tout du tout, pays pourtant qui vivait plutôt aisément mais plus en ce moment, la aussi, c'est rien, sa va passer!!! Et pourtant sa monnaie était forte, bizarre quand même tout sa non ?

  • Eric, le 21/09/2005 à 17h20

    C'est bien que les politiques reagissent, mais il faut que ce soit "honnete". Lorsque STmicroelectronique supprime 1000 postes en France, on ne les a pas entendu les politiques. Ah oui bien sur, j'oublie de dire que France Telecom (et donc l'etat) etait actionnaire de ST a ce moment la.

  • BRIGITTE, le 21/09/2005 à 16h33

    J'ai été pour l'Europe pour moi il fallait avancer, aujourd'hui je me demande si nous n'avons pas simplement fait une grosses erreur. Brigitte

  • Sami, le 21/09/2005 à 16h25

    Eh, les francais, on se reveille. on veux quoi au juste? dire non a l'europe, garder tout nos aquis sociaux, augmenter nos pouvoir d'achat, et avoir plein de tune, et etre soign'e gratuitement, vous etes sur que le compte y est ???????

  • Martin Picard, le 21/09/2005 à 16h14

    Il faut savoir qu'il s'agit d'un licenciement boursier et non d'un licenciement économique. Les fonds de pension qui aujourd?hui pleurent le manque de rentabilité de leurs placements boursiers pleureront demain sur l'absence d'emploi pour leurs enfants. Pendant ce temps là, les directeurs de l'entreprise se congratulent et s'auto attribuent des actions et des primes pour plus de 65 millions de dollar. Il n'y aucune information sur l'économie réalisée lors des délocalisations car il n'y en a pas! On remplace des cadres capables d'autonomie en Europe par des personnes qui suivent des processus à la lettre avec une maîtrise aléatoire de la langue ce qui génère des incompréhensions culturelles et de l?insatisfaction. Pour y faire face, en local, des fonctions subsistent pour gérer les incohérences et les plaintes. Cherchez où est l'économie! Dell a même fait revenir au Etats-Unis son centre d?appel. Les ultra-libéraux crient à l'archaïsme et de lutte à contre courant, mais le capitalisme sauvage tue le capitalisme. Qui achètera demain à une entreprise qui a renoncé à ses valeurs d'entreprise citoyenne. La France est elle condamnée à ne vivre que de société de service et du tourisme? Il n' y a pas de fatalisme, la Chine, l'Inde, le Japon, et les Etats Unis ont mis en place des mesures protectionnistes pour protéger l'emploi dans leur pays, seul l'Europe reste à la traîne. Une entreprise qui veut faire des affaires dans un pays doit être génératrice d?emplois. La démarche de Jacques Chirac va donc dans le bon sens.

  • Nathalie, le 21/09/2005 à 16h06

    L'intervention de l'Etat ne fera que fuir les entreprises etrangeres qui preferont s'installer dans un autre pays moins surtaxe et plus liberal. Quant au maire de Grenoble, il ferait mieux de commencer a equiper sa propre administration avec des ordinateurs HP avant de crier au scandale ;-))

  • Ismael, le 21/09/2005 à 16h05

    Moi ce qui m'etonne dans cette demarche, c'est pourquoi le faire pour une entreprise etrangere implantée sur le sol français et pas pour michelin ou renault quand ils ont "degraissé" alors qu'ils etaient beneficiaires. Parce qu'il sait que cette demarche est vouée à l'echec mais que ça fait bien de le faire ???

  • Laurent, le 21/09/2005 à 15h44

    A voir vos réactions, on peut statistiquement imaginer que c'est la façon de penser de beaucoup de français et bien cela doit conforter HP dans sa décision de vite se débarrasser de gens comme ça. Des français râleurs, toujours prets à dire Non à tout sans même être objectifs et réfléchis. Ce n'est pas le gouvernement qui fait de la France ce qu'elle est aujourd'hui, mais vous qui faites grève pour le moindre petit anicroche. Vous, qui êtes fénéants et égoistes ! La France est un pays à l'agonie et VOUS êtes les seuls responsables par votre laxisme, bien installés dans vos canapés ! Mais de toute manière, il ne sert à rien de vous le dire, car vous vous sentirez jamais concernés et vous choisirrez toujours la facilité d'accuser tel ou tel gouvernement bien après que vous ayez quitté le navire comme des rats ! Profitez bien des allocations et des failles du système sans prendre votre avenir en mains, car cela ne durera pas, d'une façon comme d'une autre !

  • TA, le 21/09/2005 à 15h31

    Il est encore étonnant que certains se réfèrent encore à l'étatisme gaullien ou au communisme. Une entreprise peut licencier même quand elle fait des profits, interdisez-lui et elle quittera définitivement le pays à vous de choisir. En revanche en tant que consommateur à vous de vous renseigner sur les entreprises les plus vertueuses et généreuses avec leurs employés et consommez citoyen ou boycottez les entreprises que vous n'aimez pas.

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