© DRLa France, sur décision de Jacques Chirac, a saisi Bruxelles du dossier Hewlett-Packard, les syndicats ne perdant pas espoir d'obtenir de la direction du groupe américain un allègement du plan européen de 6.000 suppressions d'emplois, dont 1.240 dans l'hexagone. "Compte tenu de la portée de ce plan partout en Europe", le président de la République "a demandé au gouvernement de saisir la Commission européenne", lors de la deuxième réunion du Conseil restreint sur l'emploi, créé fin juillet.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a confirmé mercredi avoir reçu une demande de la France pour "analyser" le plan social chez Hewlett Packard. "Nous sommes conscients des conséquences dramatiques pour les gens qui sont atteints par ces licenciements collectifs", a-t-il ajouté. Mais "il n'est pas dans la compétence de la Commission d'empêcher une entreprise de licencier, c'est la responsabilité des autorités nationales", a-t-il immédiatement ajouté.
Le ministre de l'Emploi rencontre les syndicats
La France est proportionnellement la plus touchée par les 6.000 suppressions d'emplois prévues d'ici 2008, avec la disparition de plus du quart des 4.800 postes que compte le groupe dans l'hexagone. "Sur la question de l'annonce de réductions d'effectifs au sein du groupe Hewlett-Packard", Jacques Chirac "a demandé au gouvernement de poursuivre tous les efforts engagés pour y répondre".
Le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, qui reçoit mercredi l'intersyndicale à 16H30 à Paris, avait déploré vendredi "le caractère brutal et non préparé des annonces" des suppressions de postes, à l'issue de sa rencontre avec le PDG de HP en France, Patrick Starck. De leur côté, les syndicats gardent l'espoir que les coupes dans les effectifs soient réduites. Ils attendent du gouvernement qu'il maintienne la pression sur la direction du groupe, défende les qualités de la France (innovation, invention) et fasse du "lobbying" auprès de la direction HP en Europe, déclare Christophe Hagenmuller, élu CFE-CGC au comité d'entreprise européen. "On est convaincu que les choses vont bouger et que l'on va réussir à faire baisser ce chiffre astronomique et inacceptable" de suppressions d'emplois, confie le syndicaliste. Le comité de groupe prévu vendredi a été reporté, "vraisemblablement de quelques jours", ce qui est "bon signe", a estimé pour sa part le secrétaire CFTC du comité de groupe, Fabrice Breton, au nom de l'intersyndicale.
Pas d'engagements de HP
La mairie de Grenoble, où est implanté un important site d'HP (2.100 salariés), a elle aussi évoqué la possibilité d'une révision à la baisse des coupes d'HP dans ses effectifs en France, après qu'une délégation conduite par le maire PS, Michel Destot, eut été reçue lundi par deux responsables du groupe informatique à Palo Alto en Californie. La mairie affirme que les deux parties sont convenues de poursuivre les négociations "dans les semaines à venir avec les représentants des salariés et les directions nationales et locales, susceptibles d'infléchir l'ampleur des annonces connues à ce jour". Du côté de HP, on indique qu'"absolument aucun engagement" n'a été exprimé concernant la réduction du nombre de suppression d'emplois. La direction du groupe américain souligne que le chiffre de 1.240 suppressions d'emplois chez HP France avait déjà été prévu lorsque le géant informatique avait annoncé le 19 juillet dernier son vaste plan de restructuration prévoyant 14.500 départs dans le monde, soit 10 de ses effectifs mondiaux. Hewlett-Packard a réalisé un chiffre d'affaires de près de 80 milliards de dollars lors de l'exercice 2003/2004 pour un bénéfice net de 3,5 mds USD.
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