© INTERNERévolution ? La mesure européenne qui entre en vigueur le 1er octobre va-t-elle, comme voulu par la commission, accroître la concurrence sur le marché automobile européen et, cerise sur le capot, tirer les prix vers le bas ? Dès samedi, un concessionnaire danois pourra, à sa guise, pénétrer le marché de Limoge et de ses environs. La suppression de la " clause de localisation " fait partie du règlement européen de la distribution automobile qui est entré en vigueur il y a trois ans mais avait été repoussée, sous la pression des constructeurs, à l'automne 2005. Dorénavant, un distributeur pourra créer des points de vente pour la ou les marques qu'il représente dans l'ensemble des pays de l'Union européenne. Y compris dans les zones où le constructeur a déjà un concessionnaire attitré.
Dans l'esprit de la commission, il s'agit d'accroître la concurrence et de réduire les écarts de prix entre les différents pays. Sur un même modèle, les différences de prix peuvent dépasser les 30%. Le pays le plus cher est d'ailleurs l'Allemagne quand les pays du nord de l'Europe, Finlande et Danemark en tête proposent les prix les plus bas. Pour le moment, les premières réformes ne semblent pas avoir eu d'impact significatif en France. " Le multimarquisme n'a pas eu d'incidence sur le prix des voitures ", note Josiane Gorgibus, déléguée générale de la Fédération des automobiles club selon qui le marché français est déjà " beaucoup plus concurrentiel que dans d'autres pays ".
Risque
La délocalisation va-t-elle alors avoir un impact ? Les constructeurs automobiles semblent relativement sereins. Si l'on considère les coûts logistiques et humains qu'un distributeur doit supporter pour s'implanter dans une région, celui-ci doit avoir un réel avantage concurrentiel pour espérer en tirer profit. Or, la différence de prix au sein de la zone euro tend à se réduire. Il n'est plus aujourd'hui que de 4,4%. "Si demain le constructeur décide d'ajuster ses tarifs et de réduire l'écart de prix entre deux pays de 20 à 10%, le concessionnaire perd d'un coup tout avantage", illustre Marc Greven, l'un des responsables de l'Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA).
De leur côté, les constructeurs ont deux possibilités : choisir un distributeur " exclusif " qui bénéficiera d'un territoire de vente et pourra faire affaire avec des opérateurs non membre du réseau officiel ou bien un distributeur " sélectif " qui pourra vendre en dehors du territoire mais pas à d'autres opérateurs. Avec, dans la première solution, le risque d'approvisionner le marché des grandes surfaces.
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