Delta et Northwest Airlines battent de l'aile

le 15 septembre 2005 à 08h48 , mis à jour le 15 septembre 2005 à 20h26

Les deux compagnies américaines partenaires d'Air France dans SkyTeam se sont déclarées en faillite mercredi aux Etats-Unis. Elles vont pouvoir poursuivre leurs programmes d'économies drastiques, tout en continuant à voler normalement.

avion © INTERNE

Delta Air Lines et Northwest Airlines, deux compagnies partenaires d'Air France dans SkyTeam, se sont déclarées en faillite mercredi aux Etats-Unis, afin de pouvoir poursuivre leurs programmes d'économies drastiques tout en continuant à voler presque normalement. Désormais quatre des sept plus grandes compagnies aériennes américaines sont en dépôt de bilan puisque United Airlines (UAL) et US Airways s'étaient déjà refugiées sous ce régime - la deuxième à deux reprises depuis 2002 -, où elles ont pu progressivement améliorer leurs marges bénéficiaires.

La protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites permet à une entreprise de poursuivre son activité quasi normalement tout étant soulagée du poids de son endettement. Dans le cas de Delta et Northwest, qui ont des coûts d'exploitation d'autant plus lourds depuis la flambée du pétrole, la faillite devrait faciliter de nouvelles économies, et notamment sur les très coûteuses retraites.

Victimes du kérosène 

La justice pourra aussi imposer les sacrifices salariaux que les directions n'ont pas obtenus par la négociation. Ainsi Northwest, numéro 4 ou 5 du transport aérien américain selon les sources, "doit significativement abaisser ses coûts pour pouvoir rester concurrentiel" dans son secteur, a expliqué son PDG Doug Steenland pour justifier la mise en faillite. Pour Delta, 3e compagnie aux Etats-Unis, la décision "unanime" des administrateurs de recourir au chapitre 11 vise à accélérer "les efforts en cours pour devenir plus simple et plus efficace en termes de coûts", selon un communiqué.

Delta comme Northwest, qui souffraient déjà de coûts élevés par rapport aux concurrents à bas coûts, ont vu leur trésorerie fondre comme neige au soleil à mesure que les prix du kérosène se sont envolés depuis 18 mois. Un vaste plan de restructuration chez Delta -avec des milliers de suppressions d'emploi - doit ouvrir la voie à des économies annuelles de 5 milliards de dollars à l'horizon 2006, par rapport à 2002. La compagnie avait atteint cet été 85% de l'objectif, a-t-elle indiqué, mais les 15% restants semblaient hors de portée sans la mise en faillite, eu égard aux prix du kérosène.

Les vols maintenus

De son côté Northwest a d'autant plus besoin d'une structure de coût concurrentielle qu'il lui faudra débourser 3,3 milliards de dollars pour payer son kérosène en 2005 contre 2,2 milliards en 2004. La facture de kérosène de Delta s'élevait à 1,1 milliard USD pour le seul 2e trimestre 2005, quand la compagnie avait affiché une perte nette de 382 millions. Depuis janvier 2001, ses pertes s'élèvent à près de 10 milliards USD. La compagnie établie à Atlanta (sud) a annoncé sa faillite en même temps que l'engagement de ses principaux créanciers à apporter plus de 2 milliards de dollars d'argent frais, pour garantir le maintien de l'activité pendant la restructuration.

Delta a assuré que la mise en faillite ne l'empêcherait pas d'assurer "intégralement son programme devols à travers le monde". Et depuis Paris, Air France a renchéri: non seulement Delta va voler normalement mais garder "intact l'ensemble de ses accords" avec la compagnie française (programme SkyMiles notamment). Si le lien transatlantique devrait rester favorisé, l'agence Standard and Poor's est moins optimiste concernant l'exploitation aux Etats-Unis. Selon elle, la réorganisation de Northwest ne se fera qu'au prix d''"une réduction de la flotte et de l'activité sur le marché national comme ce fut le cas pour UAL".

D'après AFP

le 15 septembre 2005 à 08:48
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2 Commentaires

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  • Citoyen, le 15/09/2005 à 16h17

    Il est dommage que l'article n'explique pas que la raison principale de ces faillites est la stupidite des syndicats qui preferent voir des compagnies fermees plutot que de faire des concessions.

  • Jack, le 15/09/2005 à 11h17

    Vive le marché libre et dérégulé ou la saine concurrence fait mourir naturellement les mauvaises brances et renforce les bonnes. Tous les mauvais salariés de ces 2 compagnies méritent le chômage et les dirigeants doivent être récompensés pour leurs efforts.

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