© INTERNELes ventes de disques en France ont augmenté de 5% en volume au premier semestre 2005 mais ont diminué en valeur, un écart que les producteurs attribuent à la "baisse importante" du prix des CD, qui menace selon eux l'économie du secteur. Selon le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP), le chiffre d'affaires des ventes de phonogrammes (gros hors taxes) a baissé de 11 millions d'euros entre le premier semestre 2004 et le premier semestre 2005, passant de 409 à 398 millions d'euros (-2,7%). En revanche, les ventes de gros ont augmenté de 5,1% en volume. Au détail, les ventes de disques ont baissé de 11,7% en valeur (576 millions d'euros) et augmenté de 4,8% en volume (51 millions d'unités vendues).
Baisses de prix dangeureuses
Le marché des albums se porte mieux que celui des simples (+0,3% en valeur et +9% en volume pour le premier, -27% en valeur et -9% en volume pour le second). Selon le SNEP, le prix moyen des CD (albums) a baissé de 18%: "9% en provenance du prix de gros, donc pris sur les marges des producteurs, et 9% supplémentaires pris sur les marges des distributeurs" (ventes au détail). Les producteurs s'inquiètent du "caractère très déflationniste du marché", dû à la crise des ventes que connaît l'industrie du disque depuis 3 ans et que cette dernière attribue essentiellement au téléchargement pirate sur Internet : "Les baisses de prix sont telles qu'elles mettent aujourd'hui en péril les marges nécessaires à la pérennité de l'économie du disque, tant pour les producteurs que pour les enseignes". "Notre sentiment est ambivalent, car la situation est compliquée : d'un côté, c'est difficile de s'enthousiasmer, mais de l'autre, il existe quand même des éléments favorables", a commenté le président du SNEP, Gilles Bressand. Cette déflation a incité le SNEP à demander à nouveau une baisse de la TVA sur le disque, vieux serpent de mer de ce secteur d'activité.
Hausse du téléchargement légal
Selon le SNEP, en trois ans, le chiffre d'affaires des ventes de disques a baissé de 31% (577 M euros au premier trimestre 2002, 398 au premier trimestre 2005). Face à la crise, les maisons de disques sont entrées dans une politique de réduction des coûts qui s'est notamment traduite par des suppressions d'emplois au sein des "majors" (multinationales). Au premier semestre 2005, la baisse de 11 millions d'euros de chiffre d'affaires a été compensée par les revenus tirés de la vente de musique en ligne (un tiers de ces revenus provient du téléchargement légal sur Internet et deux tiers de la téléphonie mobile), qui s'élèvent à 11,3 millions d'euros (contre 5,8 au premier semestre 2004). Les revenus tirés du téléchargement légal sont passés de 0,8 à 3,76 millions d'euros entre le premier semestre 2004 et le premier semestre 2005, et ceux de la téléphonie mobile de 5 à 7,5 millions d'euros. Le marché de la musique en ligne reste cependant marginal, représentant 2,6% des revenus de la musique en France au premier semestre 2005, contre 1,4% en 2004.
Les Enfoirés devant Mylène Farmer |
Le classement des meilleures ventes d'albums au premier semestre consacre Les Enfoirés avec Le train des Enfoirés. Ils devancent Mylène Farmer avec Avant que l'ombre..., Calogero avec 3, Raphaël avec Caravane et Moby avec Hotel. Du côté des singles la toute jeune Ilona MItrecey arrive en tête sur les six premiers mois de l'année avec Un monde parfait devançant Amel Bent avec Ma Philosophie, Sinsemilia avec Tout le bonheur du monde, Chimene Badi avec Je viens du sud et le collectif A.S.I.E. avec Et puis la terre. |
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