© AFPLe PDG de Total se dit "surpris" par "la pression médiatique du gouvernement", dans un entretien au Figaro, en référence aux engagements demandés par le ministre de l'Economie, Thierry Breton, sur la baisse des prix des carburants. "Après le cyclone Katrina, nous avions décidé de répercuter progressivement et de manière partielle la hausse brutale du baril. Les engagements que vient de nous demander le gouvernement, nous venions donc de les mettre en application", déclare Thierry Desmarest.
"La pression médiatique du gouvernement nous a d'autant plus surpris que nous partageons globalement ses options de politique énergétique", ajoute-t-il en estimant que "Total ne méritait pas d'être traité comme cela". Affirmant que les prix hors taxes des carburants en France sont parmi les plus bas d'Europe, Thierry Desmarest juge que "les acteurs du marché ne sont donc pas à blâmer".
Les bénéfices de Total "ne sont pas indécents"
Thierry Breton a annoncé vendredi, à l'issue d'une table-ronde réunissant les acteurs du secteur pétrolier en France, que Total s'était engagé à répercuter dans les trois jours la baisse des cours sur les prix à la pompe et, à l'inverse, à lisser dans le temps les hausses brutales des prix du brut. Désormais, selon Thierry Desmarest, pour faire baisser davantage les prix à la pompe, il faut "augmenter la production de pétrole dans le monde plus rapidement, essayer de modérer la croissance de la demande et s'attacher à rendre moins vulnérable l'approvisionnement énergétique du pays". Selon lui, "la France souffre d'un déséquilibre entre l'offre de gazole, déficitaire, et celle d'essence, excédentaire, qui est le fruit en particulier de la politique fiscale menée depuis 25 ans".
Interrogé sur la menace d'une taxe exceptionnelle pour les pétroliers brandie le 8 septembre par Thierry Breton, Thierry Desmarest juge que "ce débat n'aurait jamais dû avoir lieu". "Nous sommes un groupe qui, par nos métiers, réalise 95% de ses profits hors de France. Nos impôts sont acquittés dans les pays où nous réalisons ces profits. Nous ne pouvons être taxés une deuxième fois", estime-t-il. Quant à la question des profits de Total, régulièrement montrés du doigt par les politiques et les associations, le patron de la quatrième firme pétrolière mondiale estime que ce procès est "sans fondement" et que les bénéfices de Total, qui "ne sont pas indécents", sont les garants de la pérennité du groupe.
Le baril de brut a flambé de plus de quatre dollars lundi à New York en raison des inquiétudes liées à la tempête Rita, qui se renforce et menace les installations pétrolières du golfe du Mexique trois semaines après Katrina. Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude" pour livraison en octobre a bondi de 4,39 dollars pour clôturer à 67,39 dollars, après être monté à 67,50 dollars en séance. Le record du baril de brut avait été atteint le 30 août à 70,85 dollars le baril. Nouveau bond du cours du brut
Photo d'ouverture : Thierry Desmarest - archives
Retour MYTF1
Chargement en cours...




