© INTERNEtf1.fr : Une fois l'emplacement et le type de maison choisis, à quoi doit-on être attentif avant de faire construire ?
Christophe Bonnavent* : La première chose est de faire très attention au contrat de construction. Le cadre recommandé et protecteur est celui défini par la loi du 19 décembre 1990. Il organise de manière très précise les relations entre le constructeur et le maître d'ouvrage. Le client est maître d'ouvrage et rien ne peut se décider sans son accord. Il signe avec le constructeur un contrat dans lequel sont stipulés la nature des travaux, les prix et les délais pour finir les travaux. Le client dispose d'un délai de 7 jours pour se rétracter. Si les travaux ne sont pas réalisés, le particulier pourra récupérer son acompte. De même si les délais sont dépassés, c'est un organisme garant qui assumera les paiement des pénalités si ces retards excèdent 30 jours. C'est le cadre le plus protecteur pour le client mais il ne représente que 50% des contrats aujourd'hui en France.
tf1.fr : Comment choisir l'entrepreneur qui construira la maison ?
C.B : C'est une histoire de confiance et de réputation. Cependant, choisir un constructeur certifié NF Maison Individuelle (norme française attribuée par l'organisme indépendant AFAQ-AFNOR, ndlr), c'est la garantie de la qualité technique de la maison et des services offerts avant, pendant et après les travaux. Les constructeurs certifiés sont soumis à des audits et à des vérifications de chantiers réguliers.
tf1.fr : Outre le constructeur, à quoi le client doit-il être attentif ?
C.B : Nous conseillons vivement aux particuliers de souscrire une assurance dommages ouvrage. Elle est théoriquement obligatoire mais n'est prise que dans moins de 50% des cas. Or, en cas de sinistre survenant dans les 10 ans suivant la construction, cette assurance se substitue aux assurances responsabilités décennales et engagent immédiatement les réparations nécessaires. Si le toit s'écroule, est-ce la foute du couvreur ou du charpentier ? Sans assurance, c'est au particulier d'engager des actions en recours pour déterminer les responsabilités de chacun et cela peut durer des années.
tf1.fr : Aujourd'hui, les gens bricolent de plus en plus et se chargent d'une partie des travaux, qu'en pensez-vous ?
C.B : Il faut éviter, tant que possible, de recourir aux travaux réservés : j'entends par là les travaux que l'on garde pour soi-même ou pour un cousin qui s'y connaît en électricité ou en plomberie. Ce sont des économies de bout de chandelle et, en cas de problème, aucune assurance ne marchera. Et quand bien même le problème remarqué (fissure dans le mur) n'a rien à voir avec les travaux d'électricité réalisés par le cousin, les autres entreprises pourront tenter de minimiser leurs responsabilités.
*Christophe Bonnavent est directeur général de Cequami, l'organisme mandaté par le groupe AFAQ-AFNOR pour gérer la marque NF Maison Individuelle sur le marché de la construction.
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