© RMCAprès avoir jugé "normal", dans un entretien aux Echos, que l'américain Hewlett Packard "rembourse" les aides dont il a bénéficié en France, le Premier ministre Dominique de Villepin a précisé vendredi, lors d'un déplacement à Oyonnax (Ain), qu'il en était au stade de la "réflexion" dans ce domaine et qu'il privilégiait avant tout un dialogue "constructif" avec le géant informatique. Le plan de restructuration de HP prévoit de supprimer 15% de ses effectifs en Europe, soit près de 6000 emplois, dont 1240 en France.
Tout en réaffirmant la nécessité d'"un minimum de contreparties" en termes d'emploi dès lors que des aides sont versées par l'Etat ou les collectivités locales, et son souhait de voir HP réduire le nombre de suppressions d'emplois, il a souligné qu'il ne voulait nullement créer "des barrières dissuasives pour les investisseurs étrangers comme pour les investisseurs français".
"Des réponses nouvelles"
En revanche, le Premier ministre a de nouveau interpellé le commissaire européen José Manuel Durao Barroso. Ce dernier avait répondu qu'il n'appartenait pas à la Commission d'autoriser ou d'interdire la restructuration. "Je comprends la réaction de M. Barroso mais le problème qui se pose aujourd'hui se reposera à nouveau. Il faut donc réagir différemment", a dit Dominique de Villepin. "On n'a pas eu l'habitude de le faire (...), mais il faudra désormais apporter des réponses nouvelles".
Selon M. de Villepin, "il faut regarder les choses dans le détail, (voir) à chaque fois de quelle aide publique il s'agit, s'il s'agit de conventions qui comportent des contreparties". "Il nous faudra développer des outils qui, éventuellement, permettront de faire respecter ce principe. Je ne peux pas le faire dans une logique de contrainte, mais dans une logique de partenariat" Etat, région, entreprise, a-t-il expliqué. Une façon pour le Premier ministre de répondre à des interrogations émises jusque dans les rangs de sa majorité, sur la légalité d'un remboursement des aides.
"Juridiquement impossible"
Le patron du PS François Hollande demande lui aussi le "remboursement immédiat", comme le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo "dès lors qu'il y a 'délocalisation facile' ou simplement mauvais dialogue social". Mais le sénateur sarkozyste François Fillon (UMP) a estimé que "juridiquement, ce n'est pas possible". Le Premier ministre "n'a pas les moyens légaux" de faire rembourser HP, a renchéri le syndicat CFE-CGC.
"Hewlett Packard a reçu des aides pour atteindre des objectifs en matière d'emplois. Ces objectifs ont été atteints (...) On ne peut pas demander à une entreprise, dont les carnets de commandeexcèdent rarement quelques mois, de s'engager sur des années", a fait valoir M. Fillon. Surtout, il a mis en garde le Premier ministre contre les "effets retour" de ses déclarations. "Il faut faire attention" à ne pas rendre "le territoire français de plus en plus inhospitalier pour les investisseurs étrangers".
Le député UMP Damien Meslot a pour sa part réclamé que le Parlement se saisisse de cette question lors du prochain débat budgétaire, pour instaurer un dispositif obligeant les entreprises délocalisatrices à rendre l'argent versé. Une solution qui ne satisfait pas complètement Michel Destot, député-maire PS de Grenoble, principal site français concerné par les suppressions d'emplois. Ce dernier estime que le remboursement des aides ne doit pas "dédouaner" HP et constituer un "solde de tout compte".
(D'après AFP)
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