Immigrés : les différences s'atténuent... lentement

le 22 septembre 2005 à 10h48 , mis à jour le 22 septembre 2005 à 18h24

En 25 ans, la situation des immigrés en France s'est améliorée en termes d'éducation et d'emploi et notamment pour les femmes. Cependant, le taux de chômage reste deux fois plus élevé pour les français issus de l'immigration, cadre comme ouvrier.

immigration accueil étrangers © DR

"On voit une tendance à la réduction des écarts entre les immigrés et le reste de la population même si l'image est très contrastée", a indiqué Chloé Tavan, rédactrice en chef de la publication "Les immigrés en France" publiée jeudi par l'Insee. Les immigrés représentaient 7,4% de la population en 1999 soit 4,31 millions de personnes. La moitié est arrivée depuis au moins 25 ans. L'Insee note une origine de plus en plus diversifiée avec une montée en puissance du Maghreb et dernièrement de l'Afrique subsaharienne et de l'Asie.

Au niveau de l'éducation, si les immigrés possèdent moins de diplômes que la moyenne, les écarts se réduisent : la part de ceux qui ne disposent au plus que du certificat d'études a chuté de moitié entre 1982 et 1999. Dans le domaine de l'emploi, les évolutions positives sont perceptibles également puisque entre 1992 et 2002, la part des ouvriers a reculé de 13,5 points parmi les immigrés ayant un emploi. La progression dans les professions intermédiaires est de +3,5 points. La volonté de mobilité sociale est souvent motivée par un rejet marqué de la profession des parents.

Discrimination à l'embauche

Mme Tavan parle également d'un "rééquilibrage au sein même des immigrés, notamment entre hommes et femmes". Contrairement au modèle des années 1960 et 1970 (un homme venant travailler seul pour nourrir sa famille élargie), avec le ralentissement de la croissance, 79% des entrées sont désormais motivées par des raisons familiales et les femmes représentent 50% des immigrés. Ces femmes restent plus souvent que les autres au foyer mais leur taux d'activité a fortement progressé entre 1992 et 2002 : +7,8 points pour les immigrées âgées de 25 à 59 ans. La proportion des couples mixtes est également selon Mme Tavan, un signe de "réel mélange, loin d'être négligeable" pour l'évolution de la société française.

Point de blocage dans cette évolution positive : le taux de chômage reste deux fois plus élevé (16,4%), même au sein des cadres, pour les immigrés. Il est particulièrement marqué pour les personnes originaires du Maghreb, d'Afrique subsaharienne ou de Turquie. Les immigrés sont également plus touchés par le chômage de longue durée (40% contre 33% pour les non-immigrés). Enfin ils demeurent plus pauvres que le reste de la population : 15% de ménages immigrés vivaient en dessous du seuil de pauvreté (602 euros par mois pour une personne seule) en 2001 contre 6,2% de moyenne nationale.

le 22 septembre 2005 à 10:48
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