© INTERNELe gouvernement va de nouveau alléger la taxation des donations entre générations, en autorisant dès 2006 des dons exonérés tous les 6 ans au lieu de tous les 10 ans actuellement. Cette mesure annoncée mardi par Jean-François Copé allège de facto les droits de succession. La mesure doit être inscrite dans le budget 2006 et sera appliquée dès l'an prochain.
Actuellement, la loi autorise le contribuable à transmettre, sans être imposé, jusqu'à 50.000 euros à chacun de ses enfants ou petits-enfants, tous les dix ans. Le projet du gouvernement est d'accélérer le rythme de ces transmissions, en autorisant un don tous les six ans. Bercy avait déjà privilégié cette formule dans le budget 2005, en relevant le plafond des donations décennales, qui se montait auparavant à 46.000 euros. Et Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances, avait dès juin 2004 instauré une donation exceptionnelle aux descendants de 20.000 euros, non imposée. "Je suis parti d'un constat simple, qui est que l'on vit de plus en plus vieux et que les jeunes ont de plus en plus besoin d'argent", a expliqué Jean-François Copé dans une interview au journal Les Echos.
Effet limité sur la croissance
Mais si ce type de mesure permet de transférer l'argent vers une génération plus active et donc plus "cigale", son impact sur la consommation risque d'être très limité, estiment les économistes. Une donation d'un montant élevé est en général utilisée "soit pour acheter un logement, soit pour investir dans une entreprise" mais son impact sur la consommation est "très faible", estime Henri Sterdinyak, économiste de l'OFCE. Ainsi la donation "Sarkozy" de 2004 a séduit plus de 800.000 de contribuables de juin 2004 à juillet 2005, mais n'a eu qu'un effet "ponctuel", relève Marc Touati, économiste de Natexis Banques Populaires. Si ce type de mesure donne de la "souplesse" à l'économie, "du point de vue de la croissance cela ne va pas changer grand chose", ajoute-t-il.
Pour Henri Sterdinyak, la facilitation des donations vise surtout à alléger le niveau d'imposition sur les successions, très élevé en France. "Le gouvernement, n'osant pas le diminuer de front, il le diminue petit à petit", juge-t-il. Relevant que "les pauvres n'ont pas de quoi donner, que ce soit tous les dix ans ou tous les six ans", il estime que la facilitation des donations "s'inscrit dans la séries des mesures pour alléger la fiscalité des riches et les inciter à rester en France".
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