Le plan Villepin contre l'exclusion

le 16 septembre 2005 à 18h35 , mis à jour le 16 septembre 2005 à 22h00

Pour permettre à tous, même les plus modestes, souvent exclus du système bancaire, d'avoir un compte, le Premier ministre a annoncé pour 2006 la création d'un "service bancaire universel". Autre mesure prévue : empêcher les coupures d'électricité l'hiver aux ménages incapables de payer leurs factures.

villepin_exclusion_matignon © Réunion à Matignon du Conseil national de lutte contre l'exclusion (CNLE)

Dominique de Villepin s'est engagé vendredi à placer la lutte contre la précarité et l'exclusion "au coeur" de son action, en annonçant la mise en place pour 2006 d'un "service bancaire universel" pour permettre à "toutes les personnes démunies" d'avoir un compte en banque. "Je demande (aux ministres des Finances et de la Cohésion sociale) Thierry Breton, Jean-Louis Borloo et Catherine Vautrin de me faire des propositions pour lutter contre l'exclusion financière et pour développer l'accès au crédit", a déclaré le Premier ministre. "Je souhaite donc qu'un service bancaire universel soit mis sur pied dans les plus brefs délais afin qu'en 2006, les personnes les plus démunies puissent toutes avoir un compte en banque et qu'elles bénéficient d'un accompagnement personnalisé".

Le chef du gouvernement s'exprimait lors de l'installation à Matignon du Conseil national de lutte contre l'exclusion (CNLE), désormais élargi aux partenaires sociaux, dont la présidente du Medef, Laurence Parisot. Il a par ailleurs fait part de sa volonté de mettre en place, dans les procédures de surendettement, "un accompagnement systématique des familles" en lien avec les caisses d'allocations familiales, les conseils généraux et les associations de consommateurs. "Cette mesure doit s'appliquer pour tous les dossiers passés en commission de surendettement", a-t-il précisé.

Dominique de Villepin promet un Etat "réactif et solidaire"

Dominique de Villepin a également annoncé que "les dispositions législatives appropriées seront prises" afin d'empêcher que les familles n'ayant pas les moyens de payer leur facture EDF se voient couper l'électricité pendant l'hiver. Concernant la santé des plus démunis, Dominique de Villepin a indiqué que "l'Etat doit accroître ses efforts pour que personne ne renonce à des soins pour des raisons financières". "C'est pourquoi j'ai demandé (au ministre de la Santé) Xavier Bertrand d'augmenter le montant de l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé dès le début de l'année prochaine", a-t-il souligné.

Aux membres du CNLE, réunis pendant plus de deux heures, Dominique de Villepin a lancé: "vous pouvez compter sur l'engagement déterminé" à leurs côtés d'un Etat "réactif et solidaire". Estimant que "la lutte contre l'exclusion a été trop longtemps une politique publique de plus", le Premier ministre a souhaité qu'elle soit "au coeur des missions de l'Etat". "Elle doit être le meilleur témoignage de notre volonté nationale de donner une place à chacun, une chance à chacun", a-t-il ajouté, applaudi par l'assistance selon plusieurs participants.

Dans le cadre de la prochaine conférence nationale de lutte contre l'exclusion et pour l'insertion, qu'il souhaite réunir "au printemps 2006", le chef du gouvernement organisera à partir de janvier 2006 une série de "rencontres interrégionales en amont afin que tous les acteurs locaux et les publics en difficulté puissent s'exprimer de manière simple et libre". Il s'est aussi engagé à "préserver les crédits de la lutte contre l'exclusion de toute régulation budgétaire", une mesure qu'il a qualifiée "d'effort considérable". Dominique de Villepin a également proposé la création dès 2006 d'un "fonds départemental d'innovation et d'expérimentation sociale doté de 20 millions d'euros", qui permettra de "favoriser, par le biais d'appels à projet, aussi bien le développement du micro-crédit que la création du guichet unique d'accueil, la mise en réseau d'acteurs sur un territoire ou soutenir des démarches d'évaluation".

Des associations réservées

Les associations de consommateurs CLCV et ConsoFrance se sont montrées réservées vendredi après l'annonce du Premier ministre de la mise en place d'un service bancaire universel pour 2006. "Nous sommes pour le principe du SBU. Mais il faut que cela remplace ce qui existe actuellement de manière plus satisfaisante pour les populations concernées", a indiqué Reine-Claude Mader, secrétaire générale de l'association Consommation Logement et Cadre de Vie (CLCV). Pour Christian Huard, président de ConsoFrance, "un service universel réservé aux plus démunis, ce n'est pas un service universel. Le Premier ministre devrait parler d'un service bancaire de base pour les plus démunis". En outre, relève-t-il, "il ne parle pas non plus de gratuité".

Photo d'ouverture : la réunion à Matignon du Conseil national de lutte contre l'exclusion (CNLE) - DR

le 16 septembre 2005 à 18:35
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience