Premier budget corseté pour Breton

le 28 septembre 2005 à 09h10 , mis à jour le 28 septembre 2005 à 09h19

Le gouvernement présente mercredi un budget 2006 corseté à la fois par les exigences de Bruxelles et une croissance décevante. Résultat : pas de mesure-phare, hormis l'annonce d'une grande réforme fiscale... mais pour 2007.

Thierry Breton © LCI

Le ministre de l'Economie et des Finances Thierry Breton, dont ce sera le premier projet de loi de finances, l'a déjà dit: "c'est un budget rigoureux et sérieux". La rigueur est en effet de mise pour respecter l'engagement de la France vis-à-vis de Bruxelles d'un déficit public inférieur à 3% du PIB en 2005 et en 2006. Un pari difficile à tenir car la conjoncture, médiocre en 2005, ne devrait pas être tellement plus favorable l'an prochain, sur fond de pétrole cher et de chômage de masse.

Le gouvernement espère néanmoins une croissance de 2,25% en 2006, selon les journaux économiques. Or, cette prévision est jugée très optimiste par de nombreux économistes. Ceux du Centre d'observation économique tablent ainsi sur une progression de 1,7% du Produit intérieur brut français. Le gouvernement a déjà annoncé un certain nombre de dépenses nouvelles. Sans déroger à son leitmotiv d'une stabilité des dépenses en volume, il disposera grâce à l'inflation d'une enveloppe supplémentaire d'au moins 4,5 milliards d'euros par rapport à 2005. Quelque 2,2 milliards iront aux allègements supplémentaires de charges sociales pour les entreprises, une mesure destinée à soutenir l'emploi.

Outils limités

L'enveloppe consacrée aux fonctions régaliennes de l'Etat (Défense, Justice et Intérieur) sera augmentée de 1,6 milliard. La réforme de la taxe professionnelle coûtera dès 2006 1,4 milliard à l'Etat et l'augmentation de la prime pour l'emploi 500 millions. S'y ajoutent, entre autres, le coût de la hausse des salaires et retraites des fonctionnaires, les intérêts de la dette ou le financement des infrastructures de transport.

Pour équilibrer ces dépenses, le gouvernement dispose d'un nombre limité d'outils: des redéploiements de crédits, la pause dans la baisse de l'impôt sur le revenu en 2006, de nouvelles recettes de privatisations et la suppression de 5100 postes de fonctionnaires. De quoi boucler tant bien que mal ce budget dépourvu de mesure emblématique, si ce n'est la réforme de l'impôt sur le revenu programmée pour 2007. Le Premier ministre Dominique de Villepin avait annoncé début septembre cette réforme, marquée par une baisse du taux maximal, la réduction du nombre de tranches ainsi que le plafonnement de l'imposition à 60% des revenus imposables et la limitation des niches fiscales.

D'après AFP

le 28 septembre 2005 à 09:10
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