© INTERNELe projet de privatiser les Postes, enjeu majeur des élections législatives du 11 septembre au Japon, fait son chemin en Europe, en raison du besoin de financer l'ouverture à la concurrence, alors qu'aux Etats-Unis la distribution du courrier reste un monopole. Le projet du premier ministre Junichiro Koizumi est de scinder les activités de la Poste en 4 entités (épargne, assurance, distribution du courrier et gestion du réseau) qui seront graduellement privatisées entre 2007 et 2017.
En Europe, l'arrivée dans les années 1980 des spécialistes du courrier express (DHL, UPS,...) a suscité un débat sur l'avenir des activités postales. L'objectif de Bruxelles a été de définir un cadre préservant les missions de service public (distribution en tous points du territoire, par exemple) des postes nationales, tout en libéralisant les activités postales. Bruxelles ne s'est en revanche pas prononcé sur le statut juridique des établissements postaux, choix qui reste du ressort de chaque membre. Mais avec l'ouverture à la concurrence et le besoin d'argent frais pour financer cette libéralisation, la question a fait l'objet d'intenses débats au niveau national.
La privatisation pas à l'ordre du jour au Canada
La plupart des postes européennes sont des sociétés anonymes, détenues en majorité par l'Etat. Deux pays font exception. En France, la Poste est une entreprise autonome de droit public, placée sous la tutelle du ministre délégué à l'Industrie et au Luxembourg, celle-ci est une administration. Deux postes européennes sont cotées en Bourse. Il s'agit de la Poste néerlandaise. L'Etat y garde toutefois une participation de 10%. En Allemagne, l'Etat a liquidé mi-juillet le reste de sa participation directe dans la Deutsche Post, mais il contrôle encore indirectement, via la banque publique KfW, 44,7% du capital. Berlin prévoit de se désengager entièrement d'ici fin 2006. Deux pays, l'Autriche et l'Italie projettent une entrée en Bourse. En Grande-Bretagne, la Poste est détenue à 100% par l'Etat et sa privatisation fait l'objet d'un débat. Le ministre de l'Industrie et du Commerce, Alan Jonhson, ancien postier, exclut une privatisation, penchant plutôt pour une prise de participation des employés.
Le contexte est différent en Amérique du Nord. La privatisation de Postes Canada, société d'Etat très rentable, n'est pas officiellement à l'ordre du jour. Et aux Etats-Unis, la US Postal Service, la plus grande poste du monde puisqu'elle traite plus de la moitié du courrier mondial, est une agence fédérale. Elle a un monopole absolu sur le courrier et elle seule a accès aux boîtes aux lettres. Elle a en revanche perdu le marché du colis au profit de sociétés comme UPS ou Federal Express qui ont bati leurs activités sur la livraison en 24 heures.
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