
La compagnie nationale camerounaise Cameroon Airlines (Camair), bannie vendredi du ciel français par les autorités aéronautiques françaises, a annoncé dimanche la reprise de ses vols vers Paris, sur un avion affrété, grâce à un accord conclu samedi, selon un communiqué officiel. "La DGAC (Direction générale de l'aviation civile française) ayant marqué son accord pour que la Camair effectue ses vols à destination de la France par un avion affrété, la Camair reprendra ses vols vers cette destination dès le dimanche 18 septembre 2005", lit-on dans ce communiqué transmis dans la soirée. La compagnie choisie par Cameroon Airlines pour ce vol est "Air Italy", a indiqué la DGAC. Le communiqué, signé des ministres camerounais des Transports, de l'Economie et de la Communication, des autorités aéronautiques camerounaises et des syndicats et direction de la Camair, a été publié à l'issue d'une réunion tenue samedi à Douala, capitale économique du Cameroun, entre ces différentes parties.
Cet accord devrait mettre fin à la crise née de la décision vendredi de la DGAC d'interdire le ciel français à la Camair. Signe de détente supplémentaire, Air France a annoncé dimanche la reprise de ses vols pour Douala dès lundi. Le premier vol partira lundi matin, à 10H20, sur un Airbus A 340, comme c'était le cas avant la suspension des vols. La compagnie a par ailleurs indiqué que ses passagers de samedi ont été hébergés "ou reroutés vers leur escale d'origine". Les passagers qui devaient prendre dimanche l'avion pour Douala ont été majoritairement prévenus par leur escale d'origine, la plupart des passagers d'Air France étant en transit à Roissy.
Assistance au sol garantie
L'interdiction du ciel français à la Camair avait suscité la colère des syndicats de la compagnie, qui avaient menacé "Air France et ses alliées" de représailles, et sérieusement perturbé depuis le trafic aérien transcontinental à destination ou au départ du Cameroun. Les syndicats furieux de cette décision estimaient qu'Air France n'était "pas étrangère" à la décision de la DGAC, y voyant une "cabale" visant "à favoriser Air France et à nuire au redécollage de Cameroon Airlines dont les résultats se sont fait sentir lors de la haute saison". Air France, craignant de ne pouvoir bénéficier de l'assistance au sol après ces commentaires furieux, avait fait faire demi-tour à un de ses appareils volant alors vers Douala, avant d'annoncer samedi l'annulation de tous ses vols vers le Cameroun "jusqu'à lundi inclus". La compagnie belge SN Brussels avait fait de même après que le personnel de l'aéroport de Yaoundé-Nsimalen eut bloqué le redécollage d'un de ses appareils vers Bruxelles pour empêcher qu'il embarque d'éventuels passagers prévus sur les vols Air France annulés.
Contrastant avec cette poussée de fièvre, le communiqué publié samedi par la DGAC assure que "les syndicats garantissent à toutes les compagnies aériennes sans exclusive desservant les plates-formes aéroportuaires du Cameroun la continuité de l'assistance au sol". Autre signe de coopération, "le personnel de la Camair s'engage à apporter tout son appui au bon déroulement de l'audit de l'exploitation à effectuer par un cabinet indépendant et à mettre en oeuvre les recommandations qui en découleront", souligne le communiqué. Après avoir repéré à plusieurs reprises depuis le mois de mai "de nombreux écarts aux normes internationales" sur les appareils de Camair, la DGAC avait demandé un audit indépendant avant le 15 septembre, mais celui-ci "n'a pas été réalisé dans des conditions satisfaisantes", a expliqué une de ses porte-parole. Les manquements constatés portaient notamment sur une documentation périmée, des pneus usés au-delà des limites, ou encore des chargements en soute non conformes. Un nouvel audit indépendant était en cours au moment de la décision de la DGAC, selon les autorités camerounaises.
Surnommée "Air Peut-être" en Afrique centrale pour ses retards légendaires, la Camair, détenue à 96,4% par l'Etat camerounais et à 3,6% par Air France, connaît depuis plusieurs années de graves difficultés financières et d'exploitation. Surendettée, elle avait cependant été récemment reprise en main et son service s'était considérablement amélioré ces derniers mois.
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