© INTERNEDominique de Villepin s'est engagé vendredi à placer la lutte contre la précarité et l'exclusion "au coeur" de son action, en annonçant la mise en place pour 2006 d'un "service bancaire universel" pour permettre à "toutes les personnes démunies" d'avoir un compte en banque et de bénéficier d'un accompagement personnalisé. "Je demande (aux ministres des Finances et de la Cohésion sociale) Thierry Breton, Jean-Louis Borloo et Catherine Vautrin de me faire des propositions pour lutter contre l'exclusion financière et pour développer l'accès au crédit", a déclaré le Premier ministre. Il s'exprimait lors de l'installation à Matignon du Conseil national de lutte contre l'exclusion (CNLE), désormais élargi aux partenaires sociaux, dont la présidente du Medef, Laurence Parisot.
Le chef du gouvernement a par ailleurs fait part de sa volonté de mettre en place, dans les procédures de surendettement, "un accompagnement systématique des familles" en lien avec les caisses d'allocations familiales, les conseils généraux et les associations de consommateurs. "Cette mesure doit s'appliquer pour tous les dossiers passés en commission de surendettement", a-t-il précisé. Dominique de Villepin a également annoncé que "les dispositions législatives appropriées seront prises" afin d'empêcher que les familles n'ayant pas les moyens de payer leur facture EDF se voient couper l'électricité pendant l'hiver. Concernant la santé des plus démunis, il a indiqué que "l'Etat doit accroître ses efforts pour que personne ne renonce à des soins pour des raisons financières". "C'est pourquoi j'ai demandé (au ministre de la Santé) Xavier Bertrand d'augmenter le montant de l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé dès le début de l'année prochaine", a-t-il souligné.
Les banques "stupéfaites"
La Fédération bancaire française s'est dite "stupéfaite" de l'annonce de la création en 2006 d'un service bancaire universel, affirmant que les outils qui permettent "le droit au compte gratuit pour les plus défavorisés" existent déjà. "Chaque Français, quelle que soit sa situation, a accès à un compte et à la possibilité de le faire fonctionner", a-t-elle affirmé. Selon la Fédération, "moins de 1% des ménages français" ne sont pas bancarisés. Matignon s'est refusé à commenter cette réaction des banques.
Du côté des associations de consommateurs, les réactions sont pour le moins partagées, allant de l'enthousiasme à la franche réserve. "C'est une initiative sans précédent et une volonté politique assez fortement affirmée. Le Premier ministre a chargé plusieurs de ses ministres de l'application de ce service", a déclaré Alain Bazot, président d'UFC-Que choisir. Pour Christian Huard, président de ConsoFrance, "un service universel réservé aux plus démunis, ce n'est pas un service universel. Le Premier ministre devrait parler d'un service bancaire de base pour les plus démunis". En outre, relève-t-il, "il ne parle pas non plus de gratuité".
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