
Conflit à la SNCM, dixième jour de grève. Le Premier ministre a présenté jeudi un nouveau montage financier pour la reprise de la Société nationale Corse-Méditerranée. Dominique de Villepin a annoncé que l'Etat souscrirait "à hauteur de 25%" au capital de la compagnie et que les salariés se verraient "proposer 5% du capital". Le 19 septembre, l'Etat avait évoqué une privatisation "totale" de la compagnie publique, rejetée par l'ensemble des syndicats.
Selon le Premier ministre, le fonds d'investissement Butler Capital Partners "propose de prendre une participation à hauteur de 40%" au capital de la SNCM et Connex, filiale transport du groupe Veolia, ex-Vivendi, est "prêt à devenir opérateur industriel" de celle-ci avec "30% du capital".
Un plan "loin des attentes" de la CGT
Venu jeudi à Marseille présenter ce plan aux syndicats et aux élus locaux, le ministre des Transports Dominique Perben a précisé que dans un premier temps Butler reprendrait 70% de la SNCM et en revendrait 30% à Connex d'ici à la fin de l'année.
Le plan gouvernemental a provoqué la colère de la CGT. Accusant le ministre des Transports d'"arrogance", les élus CGT, majoritaires à la SNCM, ont claqué la porte de la table-ronde. A Paris, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault avait estimé que le montage du Premier ministre était "loin des attentes" de son syndicat.
Restés en marge de la réunion parce que le syndicat refusait de les rencontrer, les repreneurs potentiels de la SNCM -le fonds Butler et la Connex (Veolia)- ont confirmé qu'ils entendaient supprimer 400 postes mais "sans licenciement sec, sans drame.
Vers une pénurie de carburant en Corse
A Marseille, où l'activité du Port autonome est demeurée bloquée, la CGT du port et celle de la SNCM ont décidé de poursuivre le mouvement vendredi. Les marins grévistes de la SNCM s'inquiétaient par ailleurs du sort de leurs quatre collègues STC. Placés en garde à vue mercredi soir à Toulon, après l'assaut donné dans la matinée à Bastia par des hommes du GIGN pour reprendre le contrôle du bateau, les quatre marins-mutins seront présentés vendredi matin au parquet de Marseille. Leur avocate plaidera pour "éviter le mandat de dépôt".
Une centaine de personnes ont manifesté devant l'Assemblée de Corse à Ajaccio pour demander leur libération. Une trentaine de militants nationalistes sont entrés de force dans l'Assemblée où une motion réclamant l'abandon des poursuites contre les marins a été adoptée. Un engin de forte puissance a explosé jeudi soir à Ajaccio près de la préfecture sans faire de blessées. (Lire notre article).
La Corsica Ferries et la Compagnie méridionale de navigation (CMN) ont été contraintes d'interrompre leurs rotations avec l'île. Des salariés ont bloqué les deux dépôts de carburants de l'île pour réclamer la libération des marins STC. De nombreux insulaires se sont rués dans les stations-service, provoquant parfois de longues files d'attente à Bastia et Ajaccio.
(D'après AFP)
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