© AFP Gérard JulienBernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, a réclamé vendredi, dans une déclaration, "l'ouverture de négociations pour un autre avenir de la SNCM" jugeant qu'"un projet industriel, sous maîtrise publique, est possible dans le cadre du droit actuel".
A l'issue d'une rencontre avec le ministre des Finances Thierry Breton, le commissaire européen au Transport Jacques Barrot avait indiqué vendredi qu'un maintien de l'Etat au capital de la compagnie maritime française SNCM "devrait être réduit et limité dans le temps et ne lui donner aucun droit particulier".
Journée "ville morte" samedi en Corse
De son côté, Thierry Breton a indiqué "qu'il se battrait pour que la participation de l'Etat puisse rester, en tout état de cause, au moins pendant la durée de redressement de l'entreprise". Sans se prononcer sur l'approbation du plan du gouvernement par Bruxelles, M. Breton a souligné que cette aide serait de toute façon la dernière qui serait proposée. La dernière proposition du gouvernement répartit le capital entre le fonds d'investissement Butler Capital Partners (40%), la Connex (30%), l'Etat (25%) et les salariés (5%).
La CGT, qui réclame le maintien d'une participation majoritaire de l'Etat, a jugé "inacceptable" la nouvelle proposition du gouvernement quand le ministre des Transports Dominique Perben l'a présentée à Marseille. Les grévistes de la SNCM ont immédiatement reconduit leur mouvement. Ils se retrouvent dans la matinée en assemblée générale à bord du ferry Méditerranée, qu'ils occupent depuis le 20 septembre. La CGT du port de Marseille, qui a déclenché parallèlement son propre mouvement mardi, a aussi reconduit la grève. En Corse, où une réunion était prévue vendredi à l'Assemblée, le trafic des ports est interrompu. Des salariés ont également bloqué les deux dépôts de carburant. Samedi, le Syndicat des travailleurs corses (nationalistes) organise une journée "ville morte" dans plusieurs municipalités de l'île.
Il réclame la libération de quatre marins syndicalistes, en garde à vue depuis mercredi pour le détournement du Pascal Paoli. Le parquet de Marseille a requis vendredi un mandat de dépôt à l'encontre d'Alain Mosconi et de Félix Dagregorio, deux des quatre hommes en garde à vue, selon leur avocate Rose-Marie Prosperi. Dès le détournement du navire mardi, le parquet avait ouvert une enquête de flagrance pour "crime de détournement de navire" et "délit de séquestration de personnes avec libération avant le 7e jour". Ces faits sont théoriquement passibles de 20 ans de réclusion criminelle.
Près d'un Français sur deux comprend les marins |
Quarante-huit pour cent des Français trouvent compréhensible ou justifié le détournement mardi du ferry Pascal Paoli de la SNCM par des marins corses, contre 47% qui le jugent inacceptable ou critiquable, selon un sondage CSA publié vendredi par le quotidien L'Humanité (1). Douze pour cent considèrent l'action des marins "totalement justifiée", 36% "compréhensible", alors que 26% l'estiment "inacceptable" et 21% "critiquable". 5% des sondés ne se prononcent pas. Concernant l'avenir de la SNCM, les Français estiment que la compagnie devrait être entièrement publique pour 37% d'entre eux, partiellement privatisée (31%), totalement privée (15%). 17% ne se prononcent pas. (1) réalisé le 29 septembre par téléphone sur un échantillon national représentatif de 1003 personnes âgées de 18 ans et plus, d'après la méthode des quotas. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




