SNCM : un maintien de l'Etat "réduit et limité"

le 30 septembre 2005 à 08h16 , mis à jour le 30 septembre 2005 à 17h40

Le dernier plan de sauvetage de la SNCM, présenté jeudi par le gouvernement, ne sera pas nécessairement retoqué par la Commission européenne. Côté syndical, la CGT semble déjà l'avoir jeté aux oubliettes.

[Expiré] [Expiré] SNCM concflit privatisation © AFP Gérard Julien

Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, a réclamé vendredi, dans une déclaration, "l'ouverture de négociations pour un autre avenir de la SNCM" jugeant qu'"un projet industriel, sous maîtrise publique, est possible dans le cadre du droit actuel".

A l'issue d'une rencontre avec le ministre des Finances Thierry Breton, le commissaire européen au Transport Jacques Barrot avait indiqué vendredi qu'un maintien de l'Etat au capital de la compagnie maritime française SNCM "devrait être réduit et limité dans le temps et ne lui donner aucun droit particulier".

Journée "ville morte" samedi en Corse

De son côté, Thierry Breton a indiqué "qu'il se battrait pour que la participation de l'Etat puisse rester, en tout état de cause, au moins pendant la durée de redressement de l'entreprise". Sans se prononcer sur l'approbation du plan du gouvernement par Bruxelles, M. Breton a souligné que cette aide serait de toute façon la dernière qui serait proposée. La dernière proposition du gouvernement répartit le capital entre le fonds d'investissement Butler Capital Partners (40%), la Connex (30%), l'Etat (25%) et les salariés (5%).

La CGT, qui réclame le maintien d'une participation majoritaire de l'Etat, a jugé "inacceptable" la nouvelle proposition du gouvernement quand le ministre des Transports Dominique Perben l'a présentée à Marseille. Les grévistes de la SNCM ont immédiatement reconduit leur mouvement. Ils se retrouvent dans la matinée en assemblée générale à bord du ferry Méditerranée, qu'ils occupent depuis le 20 septembre. La CGT du port de Marseille, qui a déclenché parallèlement son propre mouvement mardi, a aussi reconduit la grève. En Corse, où une réunion était prévue vendredi à l'Assemblée, le trafic des ports est interrompu. Des salariés ont également bloqué les deux dépôts de carburant. Samedi, le Syndicat des travailleurs corses (nationalistes) organise une journée "ville morte" dans plusieurs municipalités de l'île.

Il réclame la libération de quatre marins syndicalistes, en garde à vue depuis mercredi pour le détournement du Pascal Paoli. Le parquet de Marseille a requis vendredi un mandat de dépôt à l'encontre d'Alain Mosconi et de Félix Dagregorio, deux des quatre hommes en garde à vue, selon leur avocate Rose-Marie Prosperi. Dès le détournement du navire mardi, le parquet avait ouvert une enquête de flagrance pour "crime de détournement de navire" et "délit de séquestration de personnes avec libération avant le 7e jour". Ces faits sont théoriquement passibles de 20 ans de réclusion criminelle.

Près d'un Français sur deux comprend les marins

Quarante-huit pour cent des Français trouvent compréhensible ou justifié le détournement mardi du ferry Pascal Paoli de la SNCM par des marins corses, contre 47% qui le jugent inacceptable ou critiquable, selon un sondage CSA publié vendredi par le quotidien L'Humanité (1). Douze pour cent considèrent l'action des marins "totalement justifiée", 36% "compréhensible", alors que 26% l'estiment "inacceptable" et 21% "critiquable". 5% des sondés ne se prononcent pas. Concernant l'avenir de la SNCM, les Français estiment que la compagnie devrait être entièrement publique pour 37% d'entre eux, partiellement privatisée (31%), totalement privée (15%). 17% ne se prononcent pas.

(1) réalisé le 29 septembre par téléphone sur un échantillon national représentatif de 1003 personnes âgées de 18 ans et plus, d'après la méthode des quotas.

le 30 septembre 2005 à 08:16
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4 Commentaires

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  • Gigi, le 30/09/2005 à 11h59

    Oui bien sur et nous l'espérons tous que Bruxelles sera clémente. Il y a eu d'autres évènements (voir plus graves) et il n'y a jamais eu de condamnations. Alors pourquoi "eux" ?? Ce n'est pas "un crime" de ramener un bâteau en corse et puis, il y a tellement de choses qui ne vont plus en France. Non, nous n'avons pas le moral et nous ne sommes pas satisfait de toutes les décisions prises par le gouvernement dans n'importe quel domaine que ce soit.

  • Oki, le 30/09/2005 à 11h54

    Quand il s'agit de payer avec l'argent du travail des autre il semble y avoir un consensus nationnal y compris de la part de la droite . Mais quand il s'agit de remunerer justement le travail , alors là !!!!

  • Boutin, le 30/09/2005 à 11h51

    Qu'on en finisse avec ce puit sans fonds : la société est-elle viable ou non? Si non, qu'elle ferme point final.

  • Voisin brigitte, le 30/09/2005 à 11h36

    Quand va t on mettre arreter d etre clement avec des personnes qui manifestement sont plus rattachés ne rien faire que de travailler

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