© AFP PHOTO GERARD JULIEN Des marins grévistes du Syndicat des Travailleurs Corses (STC) se sont emparés de force à Marseille du cargo mixte Pascal Paoli de la SNCM et font route vers la Corse. Le STC a contraint les officiers du navire à appareiller. "Nous avons pris le bateau et nous rentrons en Corse", a déclaré Alain Mosconi, responsable du STC. "Il n'y a aucun passager, nous ne sommes pas des inconscients, il n'y a que des marins à bord", a poursuivi le sybdicaliste. "Nous avons récupéré un outil de travail qui appartient à la Corse et nous le rendons à la Corse".
Jugés pour le détournement d'un navire SNCM en 2005
Le procès des quatre syndicalistes de la SNCM qui s'étaient emparés d'un navire, en plein conflit social le 27 septembre 2005, pour une traversée rocambolesque entre Marseille et la Corse, s'ouvre ce jeudi.
Publié le 19/11/2009
Le syndicat CGT du Port Autonome de Marseille a par ailleurs lancé mardi un mouvement de grève de 24h bloquant l'ensemble de l'activité portuaire. Une décision attendue après la volonté affichée des syndicats de radicaliser le conflit pour éviter la cession de la SNCM à un repreneur qui prévoit 400 licenciements. La CGT de la SNCM demande au gouvernement d'ouvrir "le plus rapidement possible les portes de la négociation, qu'on puisse discuter et trouver une solution pour les marins et les sédentaires qui sont inquiets". "Discuter, ce n'est pas dire 'c'est Butler ou le dépôt de bilan" a déclaré Jean-Paul Israël, responsable CGT. "Nous sommes prêt à un plan social acceptable qui n'aille pas au-delà des départs en retraite ou en préretraite", avec une ouverture minoritaire au privé.
400 emplois en jeu
Fortement déficitaire (29,7 millions d'euros en 2004), la SNCM prend la voie d'une privatisation et c'est le fonds d'investissements français Butler Capital Partners qui semble le mieux placé. L'Etat doit désormais trancher, "dans des délais très courts", a estimé le préfet Christian Frémont.
Problème : la reprise devrait être accompagnée d'un plan social avec la suppression de 400 emplois sur les 2.400 que compte la compagnie, ont indiqué les syndicats. Dénonçant "une privatisation à 100%", le représentant du syndicat des travailleurs corses (STC), Alain Mosconi, a de nouveau brandi la menace d'un blocage des ports corses. "C'est une liquidation pure et simple de la société publique SNCM, il y aura une riposte. Il n'y a pas d'autre alternative que la lutte", a-t-il ajouté.
"L'Etat met en avant la candidature Butler qui avec une mise de 35 millions d'euros obtiendrait une recapitalisation de 113 millions d'euros de la part de l'Etat pour se payer une flotte d'une valeur de 450 millions d'euros", a déclaré à la presse le secrétaire CGT du comité d'entreprise Bernard Marty. Le préfet n'a pas souhaité faire de commentaire sur ces chiffres en évoquant la discrétion nécessaire "dans une procédure juridique de privatisation". Il a cependant souligné que "pour la première fois, l'ensemble des syndicats a accepté l'idée d'une privatisation, partielle pour certains, majoritaire pour d'autres".
Photo : manifestation des marins CGT, lundi soir, au port de Marseille (crédits AFP/GERARD JULIEN)
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Jugés pour le détournement d'un navire SNCM en 2005
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